09.12.2009

LA CHANSON A JENIFER

 

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Tu sais bien que d'habitude je suis pas pour les notes illustrées mais jusque là j'étais persuadée d'avoir décroché la timbale rapport à mon shrink rue de paradis. On est jamais si fort qu'on croit, pas vrai Gérard ?!?...

 

ESPACES COMMUNICANTS

Les îlois du caillou sont repartis vers 23h, les dernières phrases dont je me souviens sont Nous noël, on fêtait ça le 20 décembre ou le 5 janvier, on s'en foutait, mon père était marin on fêtait noël quand il rentrait, et c'était bien, c'était noël, ils sont partis on s'est donnés rendez-vous sur le caillou à mille miles de toutes terre habitées, là où il y a sûrement un tas de petits princes qui traînent pour peu que la fortune soit non pas une histoire de gros sous mais...

 

Ils sont partis j'ai rangé les derniers verres j'ai vu qu'il y avait des mails j'ai vérifié par pure irrationalité il n'y avait aucune chance qu'il y ait quelque conséquence que ce soit de cet entrevue d'aujourd'hui qui pourrait bien tout réparer si jamais, on ne répare jamais rien mais on avance avec des chiffons autour des tuyaux percés et des soudures de fortune ( la fortune est mon amie, tu suis ?), j'ai jeté les mails sans importance et répondu vite fait n'importe quoi juste pour dire que j'avais reçu ( noté ) le message enroulé dans la bouteille, et puis je suis allée voir du côté de chez celui qui prit le bois de l'holocauste et le chargea sur son fils Isaac, par pur réflexe comme on vérifie qu'on a bien éteint la cheminée avant de, et il y avait cette note avec un rire dans le titre, alors j'ai lu, j'ai lu et souri, et puis j'ai moins souri et mon coeur s'est serré, parce que quelquefois et c'est là le talent, j'ai tant l'impression que j'ai déjà écrit ça quelquepart ( cherches pas, c'est...), alors j'ai prévenu, que j'allais pas monter tout de suite, que j'allais pas tout de suite sortir le grand jeu Agent provocateur que j'ai mis cet après-midi pour me donner ce courage ( je ne sais même pas d'où sort ce courage, cherches pas c'est dans la bible, chap...), j'ai laissé monter le marin non sans lui avoir dit pourquoi, parce que tu vois, ça pourrait paraître ( con ça n'est pas le problème, le con c'est bon)( surtout sans les poils) un peu, un peu quoi je sais pas, un peu, et un peu ça me va pas, tu vois cette chanson, elle est arrivée à un moment où, et je me souviens, au moment où je lis la note du prophète de la petite culotte en cerise courte, je me souviens que j'ai écrit cette note démente, un an jour pour jour après la mort de, j'étais dans ma voiture, et oh je m'en souviens bien de cette putain de note, et je lis la note qui me brame dans la mémoire pire qu'un cerf à la période du rut en pénis majeur, et je me dis il faut que la retrouve, je vais lui envoyer par mail j'aime pas les redifs sur les blogs, je sais qu'à chaque fois que quelqu'un publie une redif sur un bog ça me fait un putain d'effet déceptif ( si tu penses que ce que tu écris mérites d'être rediffusé suces chez Galligrasseuil et publies ), je me suis dit je vais lui envoyer un mail avec la note et lui mettre en titre Tu te souviens, et puis je suis allée voir sur mon ordi dans la rubrique signets, j'ai cliqué sur Bit(e) et là on m'a demandé des codes, et ben les codes tu vois, je m'en rappelle pas, impossible, toutes ces notes que j'ai mises en veille pour ne plus avoir d'emmerdes, disparues avec ces codes que je retrouverai pas ( parce ce que, surtout, je ne vais pas les chercher ), alors cette note sur La robe et l'échelle elle restera entre toi et moi, si tu l'as lue tant mieux tant pis on en fera pas une maladie ( le cancer c'est toujours mieux chez les autres, on dirait une herbe plus verte, ou la culotte de ta voisine ), je me suis souvenue que le plus fort, c'est pas cette note, et je l'ai dit au marin avant qu'il ne monte, j'ai dit, le plus fort, c'est ce soir là.

 

On dinait chez des gens qui n'écoutent JAMAIS de variété, ces gens-là tu vois, leur métier c'est la musique alors ils sont persuadés (parce qu'ils sont jeunes et cons ( et très très ignorants ) que tout ce qui est populaire est plouc ( hahahaha), que la bonne musique c'est celle qui passe dans des oreilles privilégiées ( des oreilles qui boivent de la bière à dix euros le verre ), bref, on a dîné chez ces gens-là chez qui Francis, comment te dire ( nan, ne dis rien ), et puis on a picolé et avant qu'ils aient le temps d'investir leurs platines avec le dernier maxi de chez machin ( sniffes encore deux grammes, tu vas trouver ça chanmé ) du label truc, j'ai dit Moi je voudrais vous faire écouter un truc, et comme ils étaient un peu pétés et que quand même, quand on est à moitié brésilien on ne peut pas résister au populaire autant qu'on le voudrait, quand même quand ils ont entendu T'avais mis ta robe légère il s'est passé un truc, ils se sont fait, contre toute attente ils se sont fait avoir, avoir comme des roses à l'échelle, et je l'ai mis, comme chez la Pam à Bordeaux, je l'ai mis, et remis, et on l'a mis à fond avec les enceintes qui ont l'habitude de cracher de la came à faire danser des souliers de filles pour qui une vodka ça se boit avec de la cerise ou de la pomme, et je l'ai mis et je l'ai remis, et on a dansé  tard, très tard, et moi qui connaissais les paroles par coeur dans mon dedans imprégné de ce texte qui racontait l'anniversaire du deuil j'étais noyée dans une allégresse très particulière, comme si j'avais porté le monde et fait s'ouvrir la mer en deux et mis le feu au buisson et distribué du pain ( et des jeux) à la terre entière.

 

J'ai regardé dans ma bibliothèque synthétique ( celle avec les listes de lecture où un livre coûte environ 0,90 euro ), il n'y était pas, plus, j'ai tellement d'ordis et de bibliothèques il a du descendre d'un des jeux de transparence dans le bruit du tissu qui balance, je l'ai racheté aussi sec sans trop m'appesantir sur la nostalgie des années où il fallait courir la nuit dans le seul bouclard où on pouvait acheter des disques jusque minuit ( laisse tomber il a fermé ), j'ai téléchargé, mis en repeat avec la petite flêche bleue ( tu te souviens de Flêche bleue, le serpent ?) avec un 1 dedans, et j'ai commencé à écrire...


T'avais mis ta robe légère
Moi, l'échelle contre un cerisier
T'as voulu monter la première
Et après

Y a tant de façons, de manières
De dire les choses sans parler
Et comme tu savais bien le faire
Tu l'as fait

Un sourire, une main tendue
Et par le jeu des transparences
Ces fruits dans les plis du tissu
Qui balancent

Il ne s'agissait pas de monter bien haut
Mais les pieds sur les premiers barreaux
J'ai senti glisser le manteau
De l'enfance

On n'a rien gravé dans le marbre
Mais j'avoue souvent y penser
Chaque fois que j'entends qu'un arbre
Est tombé

Un arbre, c'est vite fendu
Le bois, quelqu'un a dû le vendre
S'il savait le mal que j'ai eu
A descendre

D'ailleurs en suis-je descendu
De tous ces jeux de transparence,
Ces fruits dans les plis des tissus
Qui balancent ?

J'ai trouvé d'autres choses à faire
Et d'autres sourires à croiser
Mais une aussi belle lumière
Jamais

A la vitesse où le temps passe
Le miracle est que rien n'efface l'essentiel
Tout s'envole en ombre légère
Tout sauf ce goût de fièvre et de miel

Tout s'est envolé dans l'espace
Le sourire, la robe, l'arbre et l'échelle
A la vitesse où le temps passe
Rien, rien n'efface l'essentiel

J'ai trouvé d'autres choses à faire
Et d'autres sourires à croiser
Mais une si belle lumière
Jamais

Et voilà que, du sol où nous sommes,
Nous passons nos vies de mortels
A chercher ces portes qui donnent
Vers le ciel...

 

 

07.12.2009

MERCI LE MONDE

Je l'ai déjà dit dans la note précédente cette année je ne suis pas cliente, hormis pour ceux qui croient encore VRAIMENT au père noël ( j'ai des noms) va pas falloir compter sur moi pour aller engrosser les caisses enregistreuses, fuir sur le caillou comme alternative, là bas tu peux toujours y aller à part une quille de blanc et quelques hectolitres divers, y'a pas de quoi faire frissonner la CB. Je demeure donc parfaitement hermétique à tous les chants des diverses sirènes qui voudraient tenter de nous faire croire que pour vivre heureux vivons consommés, je regarde les vitrines calfeutrée derrière mes propres vitres ( qui sont d'ailleurs un peu sales va pas encore falloir nous gonfler avec la sécheresse et le réchauffement en zone occupée, hein ).

En revanche.

En revanche je voudrais remercier nos amis du Monde, Le Mooonde, la panacée intellectuelle dans le merveilleux pays de la presse, pour m'avoir offert mon cadeau de noel a moi, soit une bonne occasion à pas cher de déployer mon mauvais fond légendaire (tiroir compris), une bonne tranche de rigolade pareille, ça mérite sa révérence, pas moins.

Ca commence par l'édito, un édito tellement... ils couchent avec le personnel navigant de Télérama ou bien ?

Ce côté gngngngngnggngn intello-éducationationale-gngngngnggnnnnn, rien que l'édito c'est déjà trois guirlandes pour faire le tour de ta tour Effeil illuminée à toi que tu as ( oui, là).

Ca geint pas vraiment c'est presque pire, c'est pas catho c'est presque... comment te dire...

Extrait choisi :

( la première phrase suffit )

" Célébrer les fêtes de fin d'années malgré tout ". ( Mouhahahha, avec Amalric et Ludivine Sagnier ?)

Le reste en quelques lignes suinte le bon sentiment protestantiste, je te passe les fulgurances Auront elle une saveur nouvelle... Eclatante de joie échevelée...Bouffée parfumée de sapin au petit matin...( je passe mais c'est pas l'envie qui me manque de m'arrêter et de TOUT recopier ), c'est l'édito, bon.

 

Alors après.

 

Après...

 

Après c'est une succession de photos (délibérément) hideuses.

C'est parce qu'on est des intellos qu'on fait des photos moches ? Mal éclairées, sombres ?

Au Monde on ne dit pas les prix ( trop vulgaire), en même temps, après un édito pareil, ç'aurait quand même été un comble, parce que figures toi qu'au Monde, tout intellos qu'ils sont, ils sont tout aussi obligés qu'ailleurs de servir la soupe ( populaire)(de Noel) à leur annonceurs.

 

Résultat, y'a le tout Guccigoûtdechiotte, le tout Chanioul, le tout Diorjadore.

 

Je les connais moi, les prix des chaussures Louboutinche, des PierreHardyche, je les connais parce que dans les autres magazines moins intellos et surtout beaucoup moins faux derches, ils les donnent, eux, les prix.

 

Et puis tant qu'à faire ils te disent, eux, que tu peux le cramer ton blé si tu veux t'as le droit c'est pas parce que Noel est une sale fête capitaliste d'adultes que t'as pas le droit de compenser 365 jours de trime en frimant.

 

Non mais.

 

( je ne peux pas résister : je cite : ) Seront elles l'occasion d'une envie enfantine, éclatante de joie échevelée, remplie de fous rires dans des froissements de papier ?

 

Mouhahahha.

 

Sûr que si tu souris pas si je t'offre les boots en aligator de chez Ralph L de la page 22 tes papiers de noyel, je vais drôlement te les fair bouffer par la racines, et on verra bien qui sera froissé après ça.

 

Au Monde de noyel les filles qui font porte-bijoux elles sont pas maquillées à peine coiffées surtout pas de vernis à ongles naaaaaan pas d'artifice pas de bling bling.

 

Mouhahahahahahaha. Même si comme dans l'édito spécial bijoux Parures de bon augure il ya des perles comme " Accessoire devenu indispensable"...", " Ainsi la sombre année 2009 accueille avec bonheur la vogue des bagues cocktail".

(Dis, ils ont crée une agreg pour ce style d'aphorismes ?).

 

Le dossier des jouets est tellement moche, je l'ai immédiatement posé sur la table de nuit de ma progéniture, l'anti-pub, c'est bon.

( et la menace : si t'es pas sage VOILA CE QU'IL VA T'APPORTER, le père noyel )( non mais).

 

Mais le clou du truc, c'est l'Idée.

 

Celle qui fédère, qui créé la cohésion entre les pages Mode, Petits riens de grande classe ( à 500 minimum )(minimum) et celles de la bouffe C'est beau un marché la nuit ( je n'invente rien, hein, c'est tout noir sur blanc tu peux y aller soudoies ton kiosquier ).

 

L'idée arty.

 

Toutes les deux trois pages, à côté du sac en croco, de l'écran slim, y'a des photos de pièces.

 

Mais pas n'importe quels pièces hein.

 

Des sous.

 

Par exemple là, au dessus de la bouteille Sainte croix di Mont 1955 ( une paille, t'imagines), y'a " Avers d'un tétradachme d'argent de Mendé ( Macédoine) représentant Dionysos ivre sur son âne, 440 av J-C.

 

Toi je sais pas, mais moi...

 

A côté de l'avion en hêtre verni collection " Les bébés bolides " " Avers d'un tétadrachme d'argent de sélinante ( Sicile) représentant Artémis et Apollon sur un quatrige..."

 

etc etc etc...

 

( ah si, à côté de l'édito beauté Inventer son corps, l'inénarrable Revers d'un stratère d'or de Diodote roi de Bactriane représentant Zeus tenant un foudre...)

 

etc etc etc...

 

Pas de doute, on est bien dans Le Monde spécial cadeaux, où un sou est un sou, même trois siècles avant jésus Christ, même si à l'époque je ne suis pas sûre qu'ils auraient surkiffé les cuissardes Pradache à cinq SMIC, les chaussures pour hommes en crocodiles Zilliche ( en repas restos du coeur ça fait un paquet, crois-moi), les créoles Cartieche Fancy intense yellow.

 

Ca donnerait presque envie de retourner deux mille trois cents ans an arrière, pour (sa-)voir.

 

Parce que c'est con, aussi absurde cela puisse t'il paraître, dans leur numéro spécial tes yeux mouillés et Oui fais moi une petite gâterie tout de suite mais si puisque je te dis que les enfants dorment, ils ont oublié les voyages.

 

Ils doivent pas aimer rêver ces gens-là. 

 

Pas une destination de rêve, pas un resort à x mille euros la semaine, RIEN.

 

Si ça c'est pas un monde.

 

Nan ?

 

 

04.12.2009

POUCE DISQUE

Je pourrais faire comme le Père de la multitude qui est là quelquepart à manger des Prince ( quand il en aura racheté ), et enfoncer son clou en arguant qu'au-delà de savoir quoi faire de soi et qu'on est la proie chimique d'éléments moléculaires qui nous régissent, il y a aussi l'influence déterminante de la météo, il y a quand même un facteur déterminant qui influe sur le cours de nos vies plus ou moins courtes ça dépend des jours toi je ne sais pas mais moi je trouve que parfois c'est long mais c'est parce que j'ai des difficultés chroniques avec l'attente, la latence et moi on est moyennement copines, je serais plutôt solidaire de Tout tout de suite et que ce soit entier comme la noiraude du sud qui a drôlement intérêt à continuer à produire sa bouillie sur fond rose.

 

En gros aujourd'hui il fait beau et au vu de ce qui nous attend demain si on en croit les prévisionnistes du ciel - les autres sont des cons t'as qu'à voir depuis combien de temps ils prédisent la fin de la crise Toi je ne sais pas mais dans notre quartier bien central de la capitale, c'est de plus en plus, des femmes, pas forcément vieilles, ni alcooliques, ni..., juste de plus en plus de femmes que je vois, avec des valises à roulettes et pourtant leur seul voyage c'est depuis ED jusqu'au premier porche encore libre, je ne sais pas si elles s'en foutent, elles, du ciel, j'ai juste été marquée ad vitam par ce petit livre de témoignage lu il y a quelques années, et puis je l'avais vue à la télé, après, elle racontait la rue et c'était pas banal parce que ça n'est pas souvent que quelqu'un quitte la rue et trouve la force et les ressources pour publier un vrai livre, un vrai livre c'est quand on s'en souvient toute sa vie je crois, elle racontait la rue depuis le trottoir de la place des Vosges c'est à dire pas loin d'ici, là où les enfants jouent en sortant de l'école, elle racontait le vent, son pire ennemi, le vent, elle ne parlait pas trop de la couleur exacte du ciel ni de l'influence par delà les nuages, juste le vent...

 

J'ai marché ce matin sur le grand boulevard avec le soleil en face tellement bas à cause de l'hiver que ça rend aveugle, on ne voit pas qui on croise on ne voit pas les feux on ne voit pas les voitures ni les vélos, la seule chose qu'on peut voir c'est sur le côté, les porches, qui sont de plus en plus habités. Des caddies, des duvets.

 

Et j'ai souri en me branlant bien de ce que pourraient en penser ceux qui me croisaient avec le soleil dans le dos parce que justement, pour la première fois depuis un bail, il me foutait la paix, le mien, de dos.

 

Un disque écrasé c'est pas la mer à boire c'est la vieillesse à avaler même si c'est pas seulement un truc de vieux, d'habitude les disques j'ai plutôt envie de les pousser, là j'ai juste mal souvent à en chialer, mais je chiale pas parce que j'ai autre chose à faire et que j'ai des double vitrages et que moi, le vent, je trouve que c'est joli quand ça chante ( quand ça souffle).

 

Je me demande toujours pourquoi les calendriers Kinder ont été réduits de moitié ( c'était avant la crise ).

Si c'est seulement une question de pognon, où si ça prenait trop de place sur les linéaires ( ça revient aussi à une question de pognon ), est ce que c'est le passage à l'euro qui fait qu'avant y'avait trois petits oeufs par fenêtre et que là...

J'aurais pu faire une note bien trendy avec un nom mot-clef qui m'aurait rapporté plein de lecteurs et je serais devenue roi du monde, j'aurais pu faire une note bien coin-coin où j'aurais raconté l'angoisse la nuit blanche la méningite possible et le soulagement dément aux petites heures de l'aurore mais même moi, ça m'emmerde.

 

J'ai envie d'écrire sur la météo.

( et mes bas blancs tâchés, mettre des bas blancs quelle drôle d'idée).

Ils annoncent un temps de chiottes ( et la fin de la crise pour 2011 meurs pas avant ce serait con je suis sûre que ça va être la fête de ton slip Swarowski quand toutlemondeilestbeautoutlemondeilestgentil recommencera à consommer des crédits revolving, BOUGES PAS, ça vient...) pour tout le week-end, et ça me chagrine pas seulement parce que le soleil c'est chic le soleil c'est fantastique, mais aussi parce que les siciliens arrivent cet après midi comme ils disent dans la Bellissima Parigi, celle des champs élysées et de la tour eiffel et de l'arc de tous les triomphes, c'est con, ils sont en grève ( pas les nuages les machins publics qui font la gloire de la ville lumière ), au lieu de ça ils vont avoir droit au ciel bas et lourd et son couvercle et les habitants de plus en plus nombreux sous les porches.

 

Dans même pas trois semaines on oubliera tout ça, comme tout le monde qui n'habite pas devant un code, on sera sur le caillou perdu dans le golfe, à mille miles de toute terre habitée, là bas y'a pas de porche et pas de duvet ( sauf dans la culotte des jeunes filles en fleur en hiver c'est des crocus mais c'est joli, aussi, les crocus ) y'a toujours un moyen de s'arranger pour que tout le monde dorme sous un toit de chaume avec un verre de muscadet.

 

Je pourrais continuer comme ça des heures, en levant la truffe de temps en temps pour regarder le ciel tellement limpide que j'y vois tous les oiseaux blancs, les mouettes et aussi ceux qui ont des moteurs, je pourrais continuer des heures en m'expliquant encore une fois que ça sera impossible sûrement de trouver une autre hutte comme celle-là, où le tableau unique de toute la maison c'est le ciel, tout autour, y'a pas de porche ( même pas de 911 pourtant j'adore la 911 ) ( ça me rappelle...) pas de duvet pas de code mon tableau est à tout le monde, je pourrais mais tu as sûrement mieux à faire, la journée sans achat c'était la semaine dernière, toi je sais pas moi j'ai pas acheté un seul cadeau de noel, je m'en fous, là bas sur le caillou le Père noël passera pour un effectif réduit avec sa maison de Petshops et sa Wii, je ne voudrais pas trop te retenir ni te faire perdre ton temps, c'est important, le temps, très important.

 

Je voulais juste ça. Te parler de l'importance ( de l'influence ) du temps.

 

Qui est beau pour l'instant.

 

L'instemps ?

 

 

 

 

 

20.11.2009

TO THE RYTHM.

J'ai tourné le bouton au hasard, suis tombée sur une radio orientale, c'est parfait, une voix d'homme qui chante en arabe une chanson que je ne connais pas, et puis ça parle en arabe Reservez votre mouton...la seule phrase en français, ça correspond, au flottement, et à l'enchaînement.

Je l'avais dit c'était prévu le beaujolais, je n'ai pas pu de beaujolais j'ai bu du vin blanc, d'abord chez le caviste le plus pas mal de choses du troisième arrondissement, après on est passés à l'inauguration bien pédé de la pharmacie dont belami a fait le look intérieur, pas bu pas pris à la pharmacie les pédés étaient déjà bien pétés, après on est allés au repaire où on savait à quoi s'attendre, l'accordéon, le buffet, les potes, du bon vin ( blanc ).

On est rentrés vers deux heures et j'ai trouvé que c'était une bonne idée de s'en jeter un petit dernier.

 

Si ça c'est pas la preuve que j'étais drôlement bien arrangée.

 

Alors à six heures et demi ce matin forcément.

 

Et forcément aussi que les enfants.

 

Maman tu as l'air très fatiguée tu as les yeux tout rouges.

 

Sans blague.(Kids).

 

Ils sont partis à l'école j'ai pensé que j'allais pouvoir retourner dans le coma, quand le marin m'a demandé ce que cet après-midi vers quinze heures... Oh putain.

 

J'ai rendez-vous dans trois quart d'heure à Shrinkland.

Et je ne tiens pas sur mes jambes ou peu ou prou.

 

Des vertiges, ce genre.

 

J'envoie un mail rue de Paradis, impossible peut-être plus tard dans la matinée ?

 

elle répond tout de suite elle propose onze heures.

 

Mouais.

 

Je mets une alarme pour dix heures trente sans trop y croire, et m'en retourne cuver à l'horizontale.

 

A dix heures trente j'envoie un autre mail, qui raconte en deux phrases que non, que je paierai mon absence, à la semaine prochaine.

 

Dommage ! répond-elle.

 

Pas sûr.

 

Déjà que sobre, je trouve le travail laborieux, mais là, pas sûre.

 

On est allés déjeuner avec le marin et je n'ai plus pensé à François P. parce que je n'étais pas seule j'étais avec lui et que ça n'est pas dans la même vie. On a commandé et bien évidemment, François P a débarqué. Avec cette fois ci une double écharpe rose et orangé.

Je venais de briefer le boss, qui n'était pas là le soir où. 

 

Fidèle à son style, François P ( que j'ai aussitôt vouvoyé de nouveau ) est venu me saluer, et quand je lui ai présenté mon marin, il ne s'est pas démonté, loin s'en faut, il est même revenu avec le fameux petit portable rouge, et m'a redemandé Comment je m'appelais déjà, parce qu'il lui semblait bien qu'il avait noté mon numéro ( le marin est au téléphone il n'entend pas ), et qu'il pense qu'on a , je cite toujours, des choses à faire ensemble, ah bon je demande, oui oui c'est évident il répond, je ne demande pas quoi, je ne veux pas savoir, je veux qu'il s'en aille, le marin demande en souriant juste après si je veux qu'il lui colle un pain, je sursaute, il sourit, mon téléphone a sonné j'avais oublié, merci le blanc merci, elle est à côté depuis hier soir pour quatre jours, je lui ai dit de ne pas hésiter à abuser de moi, elle voudrait bien, elle voudrait bien cette soupe et cette salade dont je lui ai parlé, la dernière fois que je suis allée chez eux pour quelqu'un c'était pour la toute jeune accouchée, là c'est la chanson inverse, et je comprends cette chanson que j'ai connue sur d'autre, la chanson de la mort, je laisse le main je vais acheter la soupe, la salade, et un smoothie banane fraise, parenthèse new yorkaise sur mon scooter ma lentille droite se décolle avec le vent je n'ai pas envie de descendre la visière, il est triste cet hôpital que la malienne provisoire connaît, elle ne se souvenait plus si elle était dans trèfle ou dans fougère elle me dit quand je suis dans le hall, je trouve, elle est chauve maintenant pour de bon ses sourcils s'éclaircissent, aussi, elle était déjà chauve après les rayons mais c'était ras, et pas encore nu, ça lui va bien, je m'installe, on rigole, j'aime être avec elle, son intelligence foudroyante, sa langue maîtrisée, sa vision de la vie.

 

Cette fois ci on ne parle pas de la mort dans la chambre, c'est après.

 

On est sorties, avec sa perf, elle a une demi heure avant la prochaine salve, on est dehors, elle a roulé pour elle et un pour moi que je ne touche pas, je suis déjà assez décanillée comme ça, on est dehors, elle a trouvé son coin, on rigole avec la perf sur les pavés, je sors mon appareil photo, elle rit, elle est belle, je fais des photos, et on parle de photos, on parle de celles qu'elle aimerait faire, elle dit, avec ce corps qui est entrain de changer, j'aimerais faire un nu, et puis avec mon fils, elle dit Tu penses bien que je m'en branle moi de faire de photos de moi, c'est pour mon fils, pour qu'il se rappelle que j'ai existé, mon coeur et mon diaphragme serrent, évidemment, je fais des photos, je vais lui trouver un photographe, elle veut des images d'elles qui restent, elle dit Je vais me faire tatouer un Fuck you all sur le crâne en riant quand un jeune rebeu vient nous demander des feuilles et qu'il dit Meme les mecs de la sécurité ici, ils fument, elle dit, de toutes façons moi qui ai toujours fait super gaffe, là le premier qui me fait chier avec ça j'ai de quoi lui dire d'aller se faire foutre, fuck you all sur le crâne et elle éclate de rire, elle remet sa capuche noire, elle me raconte qu'elle a gardé le nom de son mari parce qu'ici, avoir un nom feuj c'est beaucoup plus cool, ici c'est Dans la maladie, elle dit, avec mon nom, j'ai eu la bonne chambre, je vois les bons médecins, etc etc, et puis dit elle, comme ça ça n'est pas tout à fait moi qui suis malade, elle dont le nom de famille, aux etats unis où elle a longtemps vécu, veut dire enculer, je comprends, ça, cette envie de faire porter la maladie à quelqu'un de pas tout à fait, de plus soi, de soi à un moment mais plus maintenant, on rigole en se rendant compte que son petit refuge c'est aussi celui des gendarmes de l'hopital de l'autre coté de la fenêtre dont le haut est ouvert, elle souffle directement la fumée de sa weed dedans, je lui propose de lui faire la lecture, elle ne peut plus lire l'oedeme au cerveau, elle dit d'abord non, puis se ravise, elle voudrait bien lire le livre que sa mère publie ces jours-ci, des entretiens, sa mère dont le nom aussi, veut dire enculer en anglais, je dis j'aime bien faire la lecture, elle dit Ok chez moi dans ma maison, et puis elle s'interrompt, Mais tu n'as pas froid, je dis que ça n'est pas que froid, je flotte, je l'ai voulue je l'ai eue ma caisse, sa voix se radoucit et elle ouvre son visage, Rentres chez toi, vas te reposer, she takes care, je sais que c'est le bon moment, elle va remonter se faire shooter et j'ai une heure effectivement, avant le retour de la nichée.

 

Hier soir, et je lui ai dit quand je suis arrivée, j'ai croisé son ex, celui de quand on s'est connues, il y a plus de vingt.... Entre chez le caviste et, à une heure encore très raisonnable et l'état concomitant, encore solvable, je lui ai trouvé mauvais air, je lui ai dit, J'ai perdu ma mère hier, oh merde, je raconte ça à celle qui est rongée du même, elle me dit, Il était chez moi il y a dix jours quand elle l'a appelé pour lui annoncer, il a cru que c'était un nouveau truc pour l'emmerder, il a du, du coup, prendre un coup de bambou, même si ça fait des années que, je me souviens, moi, hier soir, je lui ai dit Tu sais que je sais, c'est un long chemin sur lequel tu t'engages, il a souri, faiblement et en hochant la tête mais il a vraiment souri, il a dit, Oui je sais que tu sais, Un long chemin, et on se parle avec nos yeux avec la fille sur le lit en face, parce que c'est de la même chose que tout le monde parle.

 

Mourir.

 

Je suis rentrée, l'aquarium est encore calme plus pour longtemps.

 

J'espère qu'elle va vivre encore longtemps, parce que ces moments de vie là, comment te dire. Tu vois ?

 

Des vrais sourires.

 

Une vraie douceur.

 

Un vrai  humour.

 

Une vraie noblesse.

 

Et son expression favorite Wathever.

 

Son nom en anglais veut dire Enculer.  Remember...

 

Le soir tombe, gris, je vais enfin sans doute, émerger de ma torpeur.

 

Ce soir et demain : y'a bringue.

 

( demain marin en concert parisien, si il y en a qui ).

 

Mais je m'en fais pas, lundi, quand je me remettrai de nouveau en cure, c'est sûr, j'aurai retrouvé le rythme.

 

Ma vie est si bien faite. (comme disait Morel dans les Deschiens : Du ryth' du ryth' du ryth').

 

D'ici lundi t'inquiètes, je m'en occupe, moi, de la durite.

 

 

 

 

 

 

 

14.11.2009

FRANCOIS, VINCENT, SOUS LE PORCHE ET LES AUTRES...

Elle a été longue cette semaine, longue comme une litanie sans fin, comme l'apparition d'un syndrome, c'est de celle qui écrit dans son rôle de parent qu'il s'agit, ça n'a jamais été au coeur de l'écriture, du coup il n'y a pas/plus d'écriture, quelques pages avancées de l'opus en cours sauvées des eaux de novembre, à chaque jour son lot son flot de sang qui fait mal, une impasse, un individu trop petit pour toutes ces emmerdes de grand, morfler de ne pouvoir absorber cette douleur en naissance, celle d'un individu qui peine à trouver sa place et se soumettre aux règles.

Un petit individu qui a maille à partir avec la Loi.

 

Marcher donc, comme toujours, pour endiguer les divers flux, une fois la catastrophe lombaire résolue, marcher souffler, marcher respirer, marcher penser, marcher écouter.

 

J'ai songé une ou deux fois à ce qui pourrait se passer là tout de suite si je re-croisais cet homme de talent qui me grugea il y aura une semaine ce soir, pour lequel j'ai éprouvé une admiration sincère sur le moment, on ne peut pas composer ainsi sans talent, je n'en n'avais pas envie mais ça eut pu arriver, ça n'est pas arrivé, et sans doute étais-je trop concentrée pour que ça puisse arriver.

 

Pour répondre à la demoiselle sous le porche, les questions de ce qui se serait passé si, est ce que ça aurait changé ci ou ça, et les valeurs respectives des uns qui écrivent et ne sont pas ceux qui vivent, est ce que c'est de la littérature, est ce que comme le disait MD tout est littérature et Je suis toute la littérature ( écrivait MD ), je n'en ai pas la moindre initiation à l'idée.

 

Ce que je peux raconter, après coup, c'est ce que je n'ai pas écrit jusqu'au bout, parce que c'était la nuit, qu'il était déjà tard comme pour ceux et celles qui doivent gérer des petits individus qui le matin n'ont pas sommeil, parce qu'il fallait, ça, un peu de recul, marcher, entre deux prises de chou qu'auraient pu chanter Baschung, revenir sur, ce qui m'a vraiment pris en traître dans cet épisode, revenir à la genèse, ce qui était de mise quand c'était le début des rencontres post-virtuelles, ces comings out de la première époque des écriveurs sur la toile, montrer qui était derrière tous ces pseudos plus familiers que tant de nos amis dé-devenus. Pour la première fois je ne me suis pas méfiée. Il y a quelques années, je prenais toutes les précautions du monde, j'étais tétanisée, souvent, par la peur de la déception, je fouettais, je donnais rendez-vous en pensant déjà à la fuite, je me préparais des plans de replis, je me dessinais des Orsec.

 

Là, rien.

 

A l'inverse, j'avais même été tentée d'ouvrir plus grand la possibilité d'une rencontre dans l'après midi, pourquoi pas diner si jamais si.

 

J'y suis allée sans le moindre à priori, à poil, toutes défenses gentiment baissées, toute armure restée au vestiaire, tranquille le chat.

 

Et ça m'a prise par surprise.

 

Je n'avais pas de plan B.

 

Pas de touche escape ready to be.

 

Pas d'esquive.

 

Il m' a fallu composer sur la scène, improviser ils disent, il a fallu que je me change en machine Texas instrument sans préléminaires, j'ai beau ne pas être une matheuse j'ai toujours défoncé en calcul mental, j'ai du sortir le boulier et activer la touche étoile, celle qui dope la machine une fois que les warnings hurlent et que, dans tout le corps, circule à fond de globules le mot Danger.

 

J'ai été choquée. Extrêmement choquée, quand quand l'homme en face de moi a sous-entendu qu'il pourrait y avoir quelque chose de sexuel dans cette rencontre.

 

Là, il y avait une trop grande dichotomie entre l'oral et l'écrit.

 

Même si on peut s'inventer.

 

Même s'il est au-delà du légitime, pour certains, de vouloir, de parvenir à s'inventer.

 

Parce que j'ai eu à faire à la perversion antérieurement, les capteurs dissimulés sous mon épiderme ont violemment réagi, on fait quoi après qui disait autrement et après on baise, ça, j'ai eu beaucoup de mal. ( je nous évite le jeu de mots mâle, pas que ça soit faux, mais pas nécessaire nous sommes bien d'accord).

 

Une fois que cet échange là a eu lieu, que j'ai affirmé le Non net, j'ai pris conscience comme décrit dans la note précédente de mes bras croisés sur ma poitrine et de mon corps tourné sur le côté, preuve physique s'il en était besoin de mon désir de me protéger. Ca m'a agressée, ce non-respect de tous ces échanges préalables, qui même très brefs et plus qu'épisodiques, n'avaient jamais dérivé au -delà de quelques connivences et de respect mutuel, l'écriture, encore, toujours.

 

La bascule dans le réel a été très salope.

 

Alors oui, ça aurait tout changé si ça n'avait pas été lui, ça aurait foutu en l'air mes intuitions, mon xieme sens, ç'aurait démoli des années à croire qu'on ne peut pas si facilement que ça, même si on est très très doué, tromper son monde quand on transforme ses tripes en littérature.

 

On peut le faire, autrefois, on pouvait le faire.

 

Jusqu'à Rousseau comme me le fit si joliment remarquer le marin, qui laisse parfois apparaître de lui des facettes encore neuves plus sexys que n'importe laquelle des plus belles boules disco.

 

Ca m'aurait fait chier.

 

Voilà c'est ça la littérature : ça m'aurait fait chier.

 

L'incohérence.

 

La dissonance.

 

Et justement, que tout ça ne soit, non pas littérature, mais théâtre.

 

Un théâtre aussi pathétique que ce que je m'imaginais pendant que me parlait l'usurpateur, je l'imaginais dans les lieux décrits, ce vieux au milieu de toute cette jeunesse, après tout pourquoi pas mais comment ne pas juste voir le voyeur, l'homme seul qui boit en regardant toute cette jeunesse pour la muter en proie, la proie d'une littérature exempte de toute condamnation parce qu'elle est littérature et que la littérature, n'en déplaise aux débats de rigueur de la semaine, sera toujours exempte de toute condamnation dès lors qu'elle est libre.

 

Hier soir, au Vincent de Belgrade de Soleil même, de House for communication, j'ai répondu à sa question Mais pourquoi tu ne lui a pas foutu ton poing dans la gueule qui ne concernait pas l'usurpateur mais bien quelqu'un d'autre qui n'a rien à voir, parce que mes mots, qu'ils soient du simple verbiage ou de la littérature ( ils sont libres ), sont une arme bien plus redoutable que n'importe quel bourre pif. Mon pouvoir à verbaliser est potentiellement capable d'hiroshimiser définitivement n'importe lequel de mes ennemis.

 

Alors, si un homme assez fort, avait manipulé assez bien, avait fait un plan de bataille si costaud, avait déployé comme ça toute une armée aussi puissante juste pour essayer de me sauter, voilà ce qu'en dit encore une fois ma littérature : ça m'aurait bien fait chier.

 

Le soleil est revenu, ça souffle, la crise mesure une centaine de mètres devant le H&M du boulevard Hausmmann ou une chaîne maligne a volé un nom  de luxe pour vendre de quoi se niquer à jamais les chevillles, crisis what crisis forever.

 

C'est la lumière de l'hiver, le solaire de l'hiver, plus jaune, plus bas, plus tendre avec les couleurs, plus enlumineur, moins révélateur.

 

C'est le soleil d'hiver, plus intense parce que plus éphémère.

 

Tout le monde dehors.

08.11.2009

HE SAID CAPTAIN, I SAID WOT

 

J'ai très peu parlé aujourd'hui. Hormis au téléphone. Hormis à la caisse. Au livreur. Aux enfants bien sûr. Mais très peu.

 

Il est vingt heures moins deux, la petite salle est à demi-remplie, à cet endroit du canal cette heure ci est calme, le nouveau store orange criard n'attire pas plus de clientèle de début de soirée qu'avant lui le store noir, la petite table coincée entre le bar et la baie vitrée est libre, elle est isolée, elle est le bon endroit pour ce genre de rencontre, et contre la porte, vitrée elle aussi. 

 

Il est vingt heures une, il rentre.

 

Ca fait combien d'années maintenant, que je le lis, que j'ai le sentiment de le connaître, de les connaître lui et sa déglingue, lui et ses errances toujours concentrées en quelques lignes souvent aux fins défaitistes, avec, toujours, la parfaite photo, et entre chaque pavé d'errance, les extraits parfaitement choisis, les polars, les déboires, c'est un frère de zincs, un partenaire de comptoirs, ça fait combien d'années.

 

Il rentre, cet homme. Lui qui se dit rouquin n'a en fait plus que quelques mèches assez clairsemées, gris tirant vers le blanc, qu'il garde assez longues malgré leur rareté pour conserver un semblant de mouvement. Il a des lunettes en écaille, un imper bleu marine et une double écharpe, superposition de noir et de safran. Ses joues sont marquées par des sillons profonds, son visage est affaissé mes ses dents quand il s'adresse à moi sont carnassières. Il répond à mon regard sans doute inquisiteur quand il rentre par un Bonjour franc, droit, massif, sans appel.

Puis il laisse quelques secondes de silence, pendant lesquelles son regard persiste, jusqu'à ce que je m'excuse Pardonnez moi mais comme j'attends quelqu'un que je n'ai jamais vu. Il est impératif, presque sec, inquiétant, il dit Oui, qui d'autre, comme il aurait pu avoir dit Oui c'est moi, ou Oui tu t'attendais à quoi, mais il ne dit pas ça, il dit Oui et s'assied. 

Je suis consternée. Je pense à Sandra.

Je me demande si elle sait.

Je ne lui ai jamais demandé s'ils se sont rencontrés, s'ils ont échangé des images, je ne sais pas si elle connait son visage. Je pense Mensonge, usurpation, où est l'écrivain buveur, où est le personnage de son époque, avec ses docs, l'individu que j'ai en face de moi est un bellâtre a l'air un peu fou, qui ne dit pas un mot de trop, je pense que je me suis fait gruger, je pense à toutes ceux et celles qui sont comme moi, linkés, sans savoir que c'est à quelqu'un d'autre qu'ils écrivent, sans savoir qu'ils commentent les écrits d'un affabulateur, je pense à Sandra, aux derniers mails que nous avons échangé hier, j'aurais du lui demander mais je ne pouvais pas savoir, hier je ne savais pas, c'est ce matin qu'il m'a envoyé un mail pour me reparler des livres que je lui ai promis depuis... depuis combien d'années. C'est ce matin qu'on s'est dit entre sept et huit.

Il demande Quelle est la finalité de notre rendez-vous ?

Comment ça.

Pourquoi on se voit ? Qu'est ce qui va se passer après.

Après quoi ?

 

Nous deux, on va plus loin ?

 

Non, ça s'arrête là, à ce rendez-vous.

 

Très bien, je voulais juste le savoir, on s'arrête là.

J'ai croisé les bras, je ne les décroiserai plus, il sont comme un bouclier devant ma poitrine, un rempart contre toute forme d'agression à l'endroit de ma féminité, je ne regrette pas l'épaisseur de mon chandail, ni l'absence de décolleté, ni celle de maquillage, ni la présence d'aucun artifice indiquant toute forme de séduction. Je suis venue rencontrer un frère d'écriture, un compagnon virtuel de bitures, pas un amant, pas un mec qui sous-entend que j'ai pu mal me faire comprendre, laisser entendre queue...

Je ne réponds pas Pour les livres, j'esquive, je me demande si mon silence trahit le malaise redoutable qui s'est instauré, pire, j'ai le sentiment diffus qu'il jouit de mon incrédulité que je masque tant bien que mal mais qui doit être lisible malgré moi, j'ai les jambes croisées sur le côté, mon buste est orienté vers le bar, mon corps indique que je ne suis pas face à lui.

Il me demande On commande à dîner, j'ai faim.

 

Non, j'ai rendez-vous, dans une heure, c'est bien une heure je rajoute, à mon tour totalement malhonnête, j'ai envie de me sauver, de le planter là, je n'aime ni ses regards silencieux et inquisiteurs, ni ses propos, mesurés, ses questions, inquisitrices, déplacées pour une première rencontre. je ne veux même pas formuler intérieurement l'idée qu'il a pu s'imaginer quoi que ce soit, je n'ai jamais rien ecrit en ce sens, jamais, j'en suis sûre, lui non plus d'ailleurs, pas plus lui que moi, il a bien caché son jeu le salopard, le menteur. Ou est ce moi qui ai été si aveugle, si naïve. Comment est ce que j'ai pu être aussi...

Il me vouvoie je suggère que l'on passe au tutoiement, en toute logique, pourquoi se vouvoieraient t'on maintenant, dans la vraie vie, alors que nos, bien que rares, échanges directs, se sont toujours faits naturellement dans le Tu.

Il acquiesce.

Il me demande de résumer ma journée. Moi qui ai si peu parlé. Je n'ai pas de mots. Rien  ne vient. J'espère que ça n'est pas seulement un pervers, alors que tout indique que j'ai déjà la réponse.

 

Il commande une bière. Pour commencer il ajoute. C'est donc bien le poète de la déroute. Un buveur de bière, qui racontait les bars où jamais, jamais je n'aurais pu imaginer que ce soit lui, celui qui est là qui est en face de moi. Pourtant c'est possible, c'est bien lui, malheureusement pour moi c'est bien lui c'est ça. Qui boit une bière Pour commencer jusqu'à la défaite en biture.

 

Il commande ensuite une entrecôte, il me dit qu'elles sont très bonnes ici, comme au Etats unis, où on la sert avec l'os, je souris T bone c'est ça T bone sauf qu'ici on ne sert pas l'os, je ne sais pas quoi répondre à ça, le mots sont bloqués, je regarde dans le vide, il dit Moi je n'aime pas manger les os.

 

Il dit qu'il vient souvent manger ici, qu'il commande toujours la même chose, quand le serveur lui apporte son plat il dit Le même rouge que d'habitude, je suis sciée, je ne l'ai jamais vu, on s'est peut-être croisés cent fois, il dit J'habite juste à côté, je bafouille, j'aurais pu m'en douter dans ce qu'il écrit, je lui dis, qu'effectivement j'avais bien lu qu'il connaissait bien le quartier, mais pas au point d'habiter juste là, et je suis étonnée qu'il ne m'ait pas dit Je connais, quand je lui ai proposé de le rencontrer dans cet endroit. Ca a l'air de l'amuser, il le montre peu mais je sens une forme de jouissance de mon malaise qui me fait croiser les bras un peu plus fort, et me détourner encore un peu plus, il est venu avec un sac en plastique qu'il a posé sur le zinc, bien qu'il soit épais, je vois bien qu'il est rempli de livres. Un intello, un menteur un dragueur, un cochon masqué, un vieux salopard qui s'amuse à écrire jeune pour recruter. J'ai envie de lui dire, je me retiens de justesse.

 

Je n'ai pas trop l'habitude de manger les os.

 

Moi non plus, je suis à court, je ne sais que répondre Moi non plus.

 

On revient sur la chanson.

 

Je lui parle de cette chanson, de mon indécrottabilité en matière de musique.

 

Il me demande de m'expliquer.

 

Je m'exécute, sur le grill, je raconte en donnant le moins de détails possibles, pas de noms, pas celui de mon marin, je raconte mon passé musical, mon actualité, je raconte que j'ai beau vivre et aimer ce qui représente une forme d'avant garde musicale, je me laisse toujours piéger par la dernière mélodie tartignolle dès lors qu'elle a le bon ( ou le très mauvais c'est selon) goût d'être populaire.

Il dit Je m'y connais mal en musique.

 

On parle de musique, de compositeurs, de musiques de films, il cite des noms bateaux, il me parle de Charles Trénet,  je parle de Nino Rota, je lui raconte des choses il a l'air intéressé et un peu sur la découverte, comme s'il n'avait jamais lu ce que j'élucubre, ou comme si simplement, il avait envie de me l'entendre dire, quelquefois il ya quelque chose de très sec, dur dans ses phrases à lui, je me demande s'il est vraiment dingue.

 

Je me sens mal. Je repense à son territoire d'écriture, à deezer, à toutes les chansons qu'il me semble qu'il a souvent mis en ligne, je trouve ça obscur, je pense à toutes ces images de film, et effectivement, très vite, il parle de cinéma.

 

Il me demande qui sont les chanteurs populaires d'aujourd'hui, il dit Baschung, je dis Oui, sauf qu'il est mort.

 

Il dit Je suis un très grand cinéphile je réponds que je sais ça se voit ça se lit. Il sourit.

 

La conversation s'engage sans s'engager, il pose des questions et marque des temps gênants, je pense à Sandra, je suis à la fois effrayée de dégoût et amusée en pensant à l'après, parce que je pense à l'après pour ne pas penser au maintenant, à cette voix trop grave trop précise trop précieuse qui me dit qu'il met de l'érotisme dans toutes les rencontres même si le sexe n'est pas la finalité globale, tu parles, à cette voix qui en apprenant que j'ai un enfant me dit d'un ton un peu méprisant que je suis finalement assez conventionnelle, que mon couple est conformiste, je réfute, à cette voix qui me raconte les états Unis, et me fait parler des états unis, alors je raconte pour meubler, pour arriver plus vite à l'heure de la délivrance, mon rapport aux US, je raconte pourquoi je n'aimerai jamais ce pays de fausse liberté où on vous demande Bonjour combien tu gagnes, et qui aime tant savoir qu'on est fille de. Il me dit Moi je répond que je suis fille de, aussi, et je dis Bonjour je gagne en tous les cas plus que vous.

 

Il est arrogant, froid et insistant en même temps, il me parle de ses deux derniers jours, il a été à un festival d'indiens espace Reuilly, il cherche parfois à me prouver qu'à la fois il connait tout mais pas tant que ça, il parle de Bollywood, de Slumdog millionaire, et justement un pakos rentre avec ses roses artificielles en bouquet d'injures à la gente florale, je suis crucifiée à l'idée qu'il pourrait vouloir, mais non il n'est pas ce genre là, dans ce qu'il écrit sûrement pas, il branche le vendeur pourtant, en anglais, il lui demande Where are you from avec cet accent qu'on a pour parler aux indiens, lequel lui répond From Pakistan, il y a un silence entre les deux, puis il lui demande Combien pour une fleur, je pense au mot Supplice, il prend une rose laide, une des plus laide, orange synthétique, je suis obligée de dire merci. Deux euros.

 

De temps à autres je fais référence sans jamais dire le nom, à ses écrits sur le net, je parle des photos, il dit qu'il a plusieurs adresses, il sort un petit portable rouge métal, il me montre un sms qu'il a reçu, d'un inconnue dit-il, Tu lui as bien donné ton numéro je parviens pourtant à sourire, non, il dit J'ai deux pages, quelqu'un a mis mon numéro sur une d'elles, je pense en mon for que c'est impossible, il me montre alors le SMS qu'il a reçu, je n'y comprends rien, la fille dit qu'elle vient de comprendre que François Proust je ne sais pas quoi, je lui redemande comment elle a pu avoir son numero, il dit Je ne sais pas, il dit Il se passe des trucs de fous sur le net, avec Twitter on peut même se retrouver avec des photo de soi entrain de baiser, une fraction de seconde je vois l'image de ce vieux entrain de baiser collée sur twitter, je pense très fort à la suite, à twitter dont je n'ai jamais rien eu à branler, 140 caractères c'est pour ceux qui n'ont rien à écrire alors quel intérêt, d'y écrire, il enchaîne, mange, mon téléphone sonne.

 

Un numéro que je ne connais pas, je crois que c'est Bachir, je ne réponds pas, ça n'est vraiment pas le moment.

 

Il me demande avec qui je vais diner, enfin parler de quelque chose de léger, d'autre, de quelqu'un d'autre, je raconte la marraine, il me demande s'il pourrait la rencontrer, je lui balance Est ce que ce serait un cadeau. Il répond à côté de la plaque, il n'a pas compris, il croit que le cadeau c'est ce que moi, si j'avais été là pour autre chose, j'aurais peut-être aussi pu lui offrir si je n'avais pas tout de suite annoncé la couleur, Je suis là pour qu'on se rencontre, même si je n'ai pas parlé des livres, pas encore, je pense à mes livres qu'il lira peut-être, à ces échanges de mails brefs pendant lesquels je n'ai pas su distinguer la monumentale supercherie, je continue à être stupéfaite, médusée en fait, je pense à Sandra.

 

Il me dit Bon maintenant je vais te donner mon vrai téléphone, le bon. Pourquoi celui là ça n'est pas le bon. Il me dit non, et me demande mon numéro que je lui donne. Il m'envoie un SMS. Me, avec son numéro.

 

Il me reparle de la marraine, il voudrait vraiment la rencontrer, je lui redemande s'il pense qu'il est un cadeau. Alors il comprend, et sourit, et esquive, et je pense que nous nous sommes compris.

 

J'ai reçu un Sms, ça vibre.

 

" Je ne trouve pas ..."

 

Depuis 25 minutes je regarde par les vitres, en espérant sans y croire ce qui vient de se produire.

 

Depuis 25 minutes sans y croire, j'attends un miracle. En pensant à Sandra.

 

Le voilà.

 

Je rappelle, je demande C'est toi... le vrai... en prononçant son double prénom. Le vrai ? sourit la voix dans le téléphone. Oui, oui c'est là je souris à la voix dans le téléphone qui me dit qu'elle est juste à côté, que Oui ca y est elle me voit, une voix jeune, qui sourit, une voix un peu timide et amusée, qui s'excuse pour le retard alors que c'est un miracle qui vient d'arriver.

 

Ca n'était pas lui, le capitaine.

 

Celui qui m'a menti pendant 25 minutes ne se lève même pas quand il entre le rouquin qui l'est moins, il dit Je suis écrivain, je fais ça souvent, la dernière fois ça s'est fini au lit.

 

J'ai demandé au rouquin des mers façon Singe en hiver de sonner sa version.

 

Qui s'est finie en quenelle de poisson.

 

Avec la marraine.

 

Avec du blanc du rouge, et une grande Sampellegrino pour celle qui a bien fait, encore une fois, de s'abstenir.

 

Qu'est ce qui ce serait passé s'il n'était pas venu.

 

S'il n'avait pas trouvé.

 

Je lui ai demandé.

 

Qu'est ce qui ce serait passé ?

 

Il aurait pris les livres, dit merci.

 

Et moi, qu'est ce que j'aurais écrit.

 

Hein.

 

Qu'est ce que j'aurais écrit...

 

A toi capitaine.

 

 

 

 

01.11.2009

QUE LA FETE COMMENCE

C'est plus sexy, comme titre, que Voilà l'automne. Maintenant les goûts et les couleurs, hein.

Il m'aura fallu quelques heures girondes et le mot est choisi, pour accéder au recul, passade douloureuse pour l'ego où soudain, l'agitation des jours précédemment écoulés parait tellement absurde que Oh tiens si je me faisais plutôt un café ( et vite effacer toute trace y compris écrite de cette petite disgression de rentrée ).

N'empêche, rêver, c'est cool.

Et les heures girondes ( et le mot est choisi on te dit ), aussi.

Et puis il y a eu cette semaine.

Cette étrange semaine, parce que décalée, parce que diminuée, parce qu'ayant abouti à des mutations, des changements, si je me mets à parler comme un horoscope de Elle, *penser à me piquer*.

N'empêche, il devait y avoir un truc avec la perspective d'un changement de décor.

Et un environnement muté, c'est bien. ( aussi ).

Là ça y est tout le monde est au courant, on entre dans le dur. Le changement d'heure on ne l'a pas trop senti passer ( météorologiquement parlant s'entend, le jour où je commence à parler en langue d'Alaingilopétré, *penser à doubler la dose*, mais les feuilles qui recouvrent le bitume et le ciel gris de plus en plus dégagé ( rapport aux feuilles tombées), ça donne autrement le ton des quelques mois qui s'annoncent où c'est cool d'avoir le gaz et/ou l'électricité. Le bruit de la pluie qu'on trouve joli quand il tombe, on devrait toujours se rappeler encore plus que c'est sur un toit, qu'il tombe.

( c'est la journée de la tombe).

 

Dans la voiture sous la pluie tout à l'heure en sortant de l'hôpital, je disais à ma copine ( je trouve pas mieux que copine, dans toutes les langues même celle de Sheila, copine, c'est vraiment bien ) qui sortait de chimio et de rayons, C'est pas demain la veille que j'irai au cimetière. Je ne vais jamais, dans les cimetières voir les morts. Je vais dans des cimetières quand je n'y connais personne, dans des pays divers, quand ça représente quelque chose de désincarné. Aller m'imaginer le bout de bois dans le caveau en ciment et toutes les petites colonies qui elles, ont trouvé un super toit dedans, non merci. Moi aussi m'a dit celle qui dit qu'elle pourrait mourir très bientôt, rien à foutre des cimetières.

 

Et puis on a rigolé.

 

( dans la langue du Petit Nicolas, on a bien rigolé ).

 

Il pleuvait, on a traversé la ville, TSF était un peu trop fort on a baissé, on s 'est rendues compte que toutes les deux, on n'avait pas beaucoup parlé. Ces jours ci.

 

N'empêche le silence c'est bien. Aussi.

 

( Et lire des livres. Beaucoup de livres ).

 

Je suis contente d'avoir rendez-vous de nouveau avec ma vie chiante. Jeudi. J'ai plein de trucs à mettre dedans elle va être tellement décorée qu'elle va avoir une tête de guirlande.( si elle avait eu une tête de gondole je l'aurais appelé Venise quelle drôle d'idée ).

 

J'ai du travail. 

 

Beaucoup de travail.

 

Et pour ça aussi, j'ai une putain de chance. Que la fête commence.

 

09.10.2009

GOOD GIRL

J'ai réussi.

Ce que depuis des années.

J'ai réussi.

Ca n'est pas fini-fini, il faut retoucher ça et là, il faut reprendre le tout et lire d'un trait et que ça soit parfaitement fluide ( penser à dé-marabouter l'imprimante, laquelle fait des phases... des phaaases )( n'importe quoi )( mon imprimante est une anarchiste ), mais c'est clos, la dernière ligne est la bonne, le manuscrit est clos.

Plié.

Ca fait des années.

C'est un petit manuscrit.

Qui libère une zone que je n'aurai plus à traverser.

Le manuscrit d'une année.

Lointaine, lointaine...( loin loin loin...).

C'est comme si je n'aurai plus jamais à faire cet effort, que j'ai peu fait, c'était trop long, trop compliqué, il aurait fallu avoir le temps chaque fois et on n'a jamais assez de temps avec ceux qu'on aime, même avec ceux qu'on aime, pour ça.

Je suis très. Très très très contente.

Pas que de moi ( un peu eh oh, j'ai bossé quand même).

De ce qui est écrit qui ne sera plus à dire.

D'avoir créé un petit objet.

D'avoir, depuis toutes ces années à écrire sur le deuil, la perte, la souffrance des deuils et des pertes, réussi à enfin, écrire quelque-chose de détaché, d'assez éloigné pour qu'il n'y ait pas cette souffrance immédiate.

Un roman mature sur la jeunesse.

En plus, on est vendredi.

En plus, un vendredi avec samedi et dimanche avec marin inclus.

Même si j'ai mal dormi la nuit dernière parce qu'on était convoqués.

( Mon fils, après la séquence photographe d'avant l'été, a entrepris d'enseigner le roulage de pelle, je te bouche le nez, je mets la langue dans ta bouche, à une de ses petites collègues de grande année de maternelle. Ses parents ( et je les comprends ), on du adorer. )

( Mon fils...)

 

Quoi CINQ ANS C'EST PRECOCE!...( ah bon ?)

Contentecontentecontente comme dirait Pamichoo qui doit être en route pour le soleil.

Si Sandra était là et que j'étais encore une vilaine pocharde ( elle revient bientôt, elle est en déplacement)( la pocharde), on se jetterait deux trois mojitos façon Foresti et on tanguerait jusqu'au bout de la nuit.

En attendant, m'attendent quelques heures volées, délices de la retouche, le travail de cette couturière que je ne serai jamais ailleurs que dans la dentelle sur clavier, quelques heures à peaufiner.

( Penser à demander à notre fiston prodige de nous faire réviser notre technique pendant le week-end)(Notre méthode est elle up to date ?)

Et je me tais ( c'est mal de parler la bouche pleine).

A un i.

 

 

( A lundi ).

 

04.10.2009

MOI AUSSI PAMELA.

A cet ami qui m'a, à l'inverse de Guibert, souvent sauvé la vie depuis..., je me suis entendue dire hier soir Je l'aime bien ma vie chiante, je commence à vraiment bien l'aimer, elle est chiante, mais je commence à vraiment bien l'aimer.

 

Cette vie où il n'y plus d'apéro, plus de untel et untel, où les dîners finissent tôt, ces dîners où j'ai enfin mangé sans torture associée, ces dîners où j'ai partagé en souriant des desserts, rentrer haut perchée, mes sourires,, la rue la nuit, mes sourires, la chanson en repeat, mes sourires, la légèreté, chiante parce qu'il faut justifier, expliquer, chiante parce qu'isolée, mais en vrai, la légèreté, écrire, tous ces en même temps, sur l'écran, Amiel Lo Fred sur Skype, Pamela sur Msn, tous les autres sur le réseau social référent du moment, huit, combien de conversations en même temps, interrompues, laissées ouvertes, en suspend, pas seule non, pas seule.

 

Griz est arrivée il faisait minuit, douceur, ses yeux sont redevenus les siens, il n'y a plus, malgré les difficultés, il n'y a plus tout cet épuisement, tout ce harassement de l'an dernier à Bruxelles au restaurant, sourire contre sourire au comptoir de l'aquarium, insolitude tromperesse, seuls nous sommes, seules nous sommes, quand elle repart juste assez pas trop tard pour le dernier métro, tout ce que l'on a pas besoin de se dire, ce qu'on aura jamais besoin de se dire, ce qu'on aimera à s'écrire, encore, nos duos absurdes, et les autres, les lettres de mamans en devenir, un dernier pour la route, sourire, nettoyer les tasses à décaféïné, retourner à l'écran, c'était une drôle de journée pour l'écriture, ça reste, relire, c'est toujours aussi cruel, mon ciel que c'est cruel.

 

( j'ai longtemps cherché un remplaçant à mon dieu, je viens de le trouver ).

 

Mon ciel que c'est cruel.

 

J'ai laissé les fenêtres ouvertes, celles qui donnent sur d'autres solitudes que les miennes, les autres bien closes pour pouvoir écouter encore et encore toujours le même morceau en repeat, j'ai dansé je crois, pour faire mentir Foresti, mes jambes ne m'ont pas trahie, le marin lui, partait travailler, j'ai pensé j'aime cette vie, sans lendemain épuisé, sans circonvolutions embrouillées, où les phrases sont fidèles au poste dès le matin, je me suis souvenue de ce que disait Griz, elle qui ne peut pas lire les pages des autres sous peine d'y laisser son trop peu de temps pour l'envie d'écrire, j'ai pensé que c'était tout le contraire en ce qui me regarde, et ça n'a aucune importance, j'ai pensé à ces quotidiens que je continue d'acheter chaque matin, à ces pages sur écran que je bouffe avidement, avant de m'y coller, avant de laisser le fil se re-déployer et  m'attraper dans les filets de ces phrases que je ne peux pas ne pas coucher, l'impériosité, j'ai pensé à celle qui n'a pas peur de cette mort qui l'a déjà griffée, qui me disait samedi dernier Je fume et d'un coup, je suis bien avec ma solitude, j'ai pensé à Pamela, à ces quatre paires de bottes que j'ai acheté ce matin, à ma solitude accompagnée, regarder autrement la solitude, la contempler comme une compagne incongrue, libérée des brouillards, des embruns gelés des matins imbibés, j'ai regardé ma solitude, celle qui a commencé moi aussi Pamela, loin loin, celle des livres sur les lits d'enfant, j'ai repensé à toute cette solitude, déjà, et j'ai souri à celle d'aujourd'hui, perchée sur ses bottes de sept mieux.

J'ai mis l'aquarium en cordeau, disposé les bouquets de roses blanches, organisé le shoes-room hivernal, lavé les traces pour le retour du marin de cette solitude qui noircit les tasses et remplit les cendriers.

 

J'ai fini ce roman imprégné d'Espagne et de douleur des morts. Face à un vrai soleil au-dessus des toits de zinc.

J'ai remis le même morceau.

Ouvert le dossier de la rentrée.

Ma solitude existe, je l'ai enfin apprivoisée.

 

 

 

 

03.10.2009

SMELLS LIKE

Depuis quinze jours (ouvrés), j'ai donc entrepris un roman sur l'adolescence ( la mienne, what else ?).

L'exercice ( périlleux, grimper sur trois mm pour saisir dans le fond d'une cagette en plastic blanc transparent d'époque au dernier étage d'une étagère montée sur un escalier ( divin architecte )) du jour : détailler le contenu de mon agenda de cette année là.

Car le roman ne concerne qu'une très courte période.

De périlleux, l'exercice passe à périlleux2, soit la vérité vraie de l'adolescence, soit comment revivre jour par jour exactement, avec toutes les images, les détails, les voix, exactement comme si c'était là devant moi maintenant, ce qui était la vérité il y a 29 ans.

Voyage voyage, et pourtant j'avais les cheveux longs, c'est écrit partout.

J'ai retranscrit, avec les fautes, les mots des copines, qui racontent qui j'étais. 

Ca ne pardonne rien.

Rien.

Il m'aura fallu tout ce temps pour oser revenir aux racines de la colère.

Il m'aura fallu 29 ans pour avoir ne serait-ce que le désir d'y revenir.

29 ans et deux enfants.

Qui changent la donne.

Parce que la petite fille qui apprend à lire et déchiffre maintenant les phrases, fut-ce lentement, fut-ce encore de façon hachée et attendrissante ( Mondieuquecestattendrissant, la vache), pourra lire ça un jour.

Son frère tambien.

Parce que l'auteur fille est devenue fille-mère.

Parce qu'on est responsable, aussi, de ce que l'on publie.

29 ans pour aborder la côte du détachement.

29 ans.

L'âge du marin, bientôt.

Ca aussi, c'est un hasard ?

Vraiment ?

 

 

01.10.2009

PAR DELA LES ORAGES.

J'ai dix minutes, autant te dire que je vais la jouer au-dessus du genou, Morel et Saladin m'attendent, moi aussi, comme me l'écrivait Belami à qui j'envoyais l'heure du rendez-vous par écran tactiles interposés, j'ai besoin de brightness.

Ca sera donc comme ça tous les ans, on le sait maintenant, coincée entre les anniversaires de la maman et du grand-frère ( bien joué soit dit en passant ), la date qui rend colère, parce qu'on ne voudrait pas se soumettre comme ça à des dates, on voudrait ne pas être slave to symbole, et pourtant si, ça fait des années chrétiennes que ça dure, l'anniversaire de ça tu te mangeras, ça rend colère parce-que ça rend triste, et qu'on voudrait bien deux ans après l'être moins, ou différemment, et on l'est ( pas moins, mais différemment ), avec les actes non pas réellement manqués mais les actes révélateurs, s'habiller comme il y a deux ans, aller pour une fois qui est totalement hors de coutume dans un cinema à côté, juste à côté des couloirs bancs, ce quartier dans lequel je ne vais jamais, ce boulevard moche, et sourire, de ça, de ces mouvements incontrôlés, ces tocs de l'âme, j'ai mis ce pantalon et ce blouson, je suis à deux pas de, sourire. Ca sera comme ça, point barre.

( et Youpi jusqu'à l'année prochaine).

Parce qu'irrascible, parce que les nerfs vifs à pousser, parce que les souvenirs en rafale, mordants, parce que les réminiscences infantiles, les slides, et au final, ma joue contre son torse, lui qui est bien vivant, les yeux mouillés mais qui ne coulent pas, la joue contre son torse et l'idée que ça, je ne l'ai finalement jamais fait.

Ca n'aura pas existé dans mon parcours.

L'automne est là, l'automne est dans la place, la rentrée est terminée.

Te dire que je suis prête à tout bouffer serait peut-être un peu te prendre pour cet imbécile que tu n'es pas, l'enfant illégitime est morte il y a deux ans.

Devant pour répondre à celui qui aime tant se regarder perdre, il y a des perspectives.

Devant il y a des illusions (qui ne sont pas obligatoirement des mirages).

Youpi je te dis.

Un bon, gros, tonitrunant ( Tonytruand : pléonasme sicilien ) Youpi.

Back to reality.

 

28.09.2009

LES VITRAUX BLEUS

Deux ans donc, sans putain, la semaine dernière je pensais même intituler le paragraphe d'aujourd'hui Génial deux ans, parce que c'était vrai à cet instant-là, comme je marchais ( vite, toujours si vite ) bottée, la page non pas tournée mais un nouveau chapître, moins douloureux, comme une cicatrice qui ne partira pas mais qu'on regarde affectueusement, parce qu'elle raconte cette douleur qui n'est plus la même, un an à porter les cheveux noirs comme on porte un gansé au revers d'un blazer, avec un an de retard pendant un an vivre les adieux. Et puis revenir à la blondeur en juillet, revenir à cette Vie devant soi roman de l'été des années 80, je revois la couverture sur les tables dans les années Portugal, revenir au personnage non pas initial, on ne revient pas identique d'un voyage séparationnel, mais reprendre son identité, retrouver un sommet solaire, revenir à une image projetée fidèle à ce qu'on souhaite diffuser comme message, fut-ce, fut-il sans parole.

Génial deux ans comme on serait abasourdi soi-même d'avoir survécu.

Et de se contempler non pas indemne, mais renforcé, armuré, prêt à repartir à la bataille sans plus être aussi perméable, aussi fragile, aussi frêle et facilement imbibable. Etre de nouveau apte à recevoir la difficulté des autres sans la faire sienne.

Avec pour preuve, revoir celle qui porte déjà tous les stigmates, celle dont les mains racontent qu'elle a déjà vieilli de trente ans et qu'elle est sur le seuil, sa peau grise, ses doigts noueux comme si elle était déjà vieille, si vieille, elle qui n'a peur de perdre ses cheveux et ses sourcils que pour l'image que va devoir affronter son fils, elle qui n'a pas peur de mourir mais affirme avec raison que huit ans, c'est trop petit pour perdre sa maman. Quelques heures avec elle, dures tellement dures, tant de vérités, tant d'affirmations définitives proférées sans défaitisme, sans colère, sans regrets, et douces si douces, les sourires, l'humour, le détachement.

Il y a un an je serais revenue de cela ravagée. Mangée, happée, ravagée, buvardée.

Je suis sortie à côté de la maison de Gainsbourg, il fallait revenir certes, à une autre réalité, le monde avait tourné à un autre rythme pendant quelques heures, aller à un autre rendez-vous, j'ai respiré le soleil en face, fui la foule du quartier chic et bondé des samedis de fuite en avant de la consommation barbare, je n'étais pas triste, je n'étais pas bouleversée c'était autre chose, il fallait intégrer, toutes ces phrases ignobles mais dénuées de pathos, toutes ces directives simples, toute cette efficacité aveugle.

Et passer à dimanche.

Avoir dit et écrit que j'irais, puis avoir reculé, trop peur, trop terrorisée à l'idée de croiser qui il ne faudrait pas dans cet endroit, cet endroit cristal, les vitraux bleus décrits tant et tant, avoir choisi dans la semaine de ne pas prendre le risque, on irait ailleurs, on irait dans le colosse du dixième, à côté du restaurant de l'omelette Président aujourd'hui appartenant à un Breton dont c'est le nom. Est ce qu'il est breton, Breton, je ne sais même pas. Et puis hier matin avoir changé, pas convaincue par le mastodonte avant de filer hors de la ville. J'ai attendu le milieu de l'après-midi dans le jardin pour revenir à l'idée initiale, les vitraux bleus, et si un sort avec un sale humour avait décidé de me confronter à l'impossible tant pis, il faudrait, tant pis. J'ai du appeler son chauffeur, il a du être surpris, un dimanche à dix-huit heures deux ans après, je lui ai dit Je la cherche je ne suis pas loin, il a parlé de brique rouge sur la gauche, et de vitraux bleus que je ne pouvais pas ne pas voir, j'ai regardé beaucoup plus loin sur les boulevards, je m'étais trompée de porte, et j'ai aperçu la grande pointe par-dessus les hauts immeubles.

Un dans chaque main, on est entrés, et j'ai été subjuguée.

Oui, c'est bien un bleu unique.

Ca sentait si fort l'encens que je me suis demandé - un dimanche c'est pourtant impossible - s'il n'y avait pas eu un enterrement. Sainte Thérèse a eu ses cierges, être en paix avec mon athéïsme, une dizaine de minutes assise à fixer le bleu. Deux souffles bourrés de vie à chacun de mes côtés.

Le ciel est limpide, comme il y a deux ans.

Tout ce qui compte est devant.

 

22.09.2009

L'INDISIBLE

Parce qu'à qui ?

A qui vraiment sans risquer de passer ( et à nos propres yeux avant tout) pour des monstres ?

Celui qui l'a vécu a vécu l'indisible.

Qui commence sournoisement, et tombe, exactement, et ça n'est pas un hasard non plus, comme tombe ce poids sur celles qui viennent de mettre au monde. Savoir en une seconde que c'est un poids énorme, un poids à vie. Savoir en une seconde que c'est la mort, au bout.

Nabe, j'en avais fait une note il y a quelques années à la parution de son pamphlet sur le 11/09/01, il y avait cette phrase, drôle, elle m'avait faire rire moi en tous les cas, parce qu'elle disait bien, ce qui se tapissait en chacun de nous sans en posséder jamais la réponse, ça disait Alors, cette guerre, ça vient ?

La mort c'est pareil.

La mort c'est dès le jour où le nom de la maladie fatale, et ça n'est pas l'apanage des cancers, est prononcée. Pas forcément par le condamné. 

Ce jour-là, plus ou moins consciemment, et ce quelles que soient les réactions qui suivent, optimisme, gaieté ( détournement de douleur ), chagrin, effondrement, peur, bien-sûr, peur, ce jour-là au même instant plus ou moins consciemment quelque-chose en soi commence à se demander.

Quand ?

Quand la catastrophe est totale, elle est avant tout en apparence brutale, ça va vite, très vite, c'est comme un long accident, on est plongés dans un flux torrentiel, impossible de nager à contre-courant, pas de rémission, même pas de démission pas le temps, la maladie fait son oeuvre comme une intempérie ravage, la mort signe la fin d'une stupeur globale ininterrompue, ceux qui restent trouvent ça atroce ils ont raison.

Mais.

Atroce contre atroce.

Que ceux qui l'ont vécu lèvent la main.

Parce qu'il y a les maladies longues, à paliers, il y a les attaques progressives, qui altèrent, diminuent, amenuisent.

Il y a ce tempérament interne qu'il faut sans cesse réguler ( la peur est omniprésente ), il faut tour à tour s'enthousiasmer, communiquer cet enthousiasme, passer des centaines de coups de fil, répéter à l'envi jusqu'à s'en persuader soi-même, et tour à tour redescendre, commencer à se résigner en silence, à appréhender comme ils disent dès qu'un résultat, un symptôme, une dégradation viennent rappeler à l'ordre, l'ordre c'est on naît on vit on meurt et avant la dernière étape on est malade, des coups de fil encore, des décisions, que chacun se mange sans en parler souvent, à personne ou à un professionnel pour ceux qui y arrivent, à une association pour ceux qui les utilisent.

Et quand tout se déglingue vraiment, quand la vrille implacable perce et broie les derniers espoirs, là, et là seulement, arrive le temps de l'indisible.

Nous l'avons tous pensé, nous le penserons tous. C'est quand la fin. Quand est ce que cette mort annoncée, parfois préparée, quand est ce que moi, vivant, je vais la vivre vraiment.

Avant, on ne pense pas. Parce qu'on ne peut pas. La mort se vit quand elle a clôt, définitivement clôt. Pas que les paupières. Tout, une vie, une fin de vie, des milliers de coup de fil, des centaines des milliers d'événements, des tonnes de chimères, des dernières semaines immondes qu'on ne peut pas, même quand on est très en colère, souhaiter à ses pires ennemis.

Que ceux qui ont eu à prendre des décisions, comme j'eus à le faire, se sentent les bienvenus, là où ne se dit pas, qu'elles sont impossibles ces décisions, stopper les machines, stopper l'acharnement, stopper des traitement qui coûtent de quoi soigner des grappes et des grappes d'enfants, que ceux qui ont connu le désistement au moment du point final des grands professeurs, qui sont là pour soigner pas pour voir crever et absorber le chagrin des familles, que ceux là se sachent entendus, compris, ceux qui ont passé des nuits blanches à se maudire de n'en plus pouvoir, ceux qui se sont réveillés tous les matins en ayant pour premier geste d'appeler l'hôpital ou un parent pour savoir si la nuit...

Il n'y a pas de honte à avoir.

 

Il n'y a pas de honte à préférer l'horreur du deuil à celle d'un cerveau déglingué, d'un cerveau drogué, de préférer souffrir soi-même plutôt que d'assister à celle d'un autre, en toute impuissance. Il n'y a pas à ne pas oser, penser, que la mort est un soulagement.

Je n'ai pas eu honte, souvent. Même si je ne l'ai ni dit ni écrit, en tous les cas pas publiquement.

J'ai eu moins de coulpe à gérer que je n'en ai chaque fois que je parle à celui qui, la science sait comment, est encore en survie, depuis treize ans aujourd'hui. Celui dont j'ai souvent embrassé le front en me disant c'est la dernière fois et qui est toujours là, médicalement parlant.

Je me souviens de ma tante, avec qui j'avais parlé jusque tard dans la nuit, elle dirige une association orientée sur les soins palliatifs, elle me disait qu'elle comprenait, que je n'en pouvais plus, que les médecins disaient tout et son contraire créant dans les consciences de ceux qui refusaient encore l'échéance des confusions dramatiques pour eux et impossibles à recevoir pour certains autres, dont moi. Il devait être deux heures quand nous avons raccroché. Il était six heures trente quand on m'a appelé. C'était fini. Je l'avais voulu, j'avais été entendue, c'était fini.

Vouloir la mort de quelqu'un, ça n'est pas vouloir sa disparition. C'est vouloir renaître. Dans la souffrance, comme toujours. Mais renaître.

Revenir dans le monde des vivants.

Est ce que j'aurais pu écrire tout cela s'il ne faisait pas aussi beau, si je n'avais pas retenu mes places pour aller voir Morel et Saladin, est ce que j'aurais pu si une petite fille n'était pas rentrée hier soir fière comme douze bars-tabac J'ai fait ma première dictée j'ai fait zéro faute j'ai eu deux bon-points, est ce que j'aurais pu si ça ne faisait pas tant de temps maintenant que, elle, lui, et eux aussi. Je ne sais pas.

Je sais qu'il fait beau, c'est tout.

C'est déjà pas si mal.

 

 

 

 

21.09.2009

NOS GRANDES GUERRES

1974, une pépite échoue sous mes yeux, dans un des volumes de la collection Readers@ digest, collection marron lettrages dorés des couvertures, lesquels contiennent généralement quatre histoires différentes, ils nous sont offerts, comme les Albums des jeunes, et les collection Les animaux par Mademoiselle Dubois, qui fait faire de la gymnastique à domicile à deux générations de Fontaine ( la dite collection Les animaux m'ayant au passage servi d'éveil à la sexualité via d'explicites photos de rhinocéros pour ne citer qu'eux en phase de reproduction ( copulation) avancée ). J'ai huit ans et un deuxième choc va révolutionner ma compulsion littéraire, après Mon bel oranger, c'est donc Doris Lund, et son Eric, que je lirai allez, je n'ai aucune idée de combien cent, deux cents fois ?

Eric c'est le récit par sa mère, de la mort de son fils, brillant étudiant, qui meurt d'une leucémie. Je pourrais ( si je faisais l'effort), sans doute retranscrire presque à la phrase près le début, le gouffre, la mère qui voit des tâches mauves sur le corps de son sportif émérite de fils, des hématomes, puis peut-être de l'impétigo, et enfin le couperet, leucémie. Tout y était décrit, l'agonie finalement précurseur de ce que d''autres, plus tard, firent via le HIV, je me demande si ça n'était pas plus terrible, encore plus violent, à l'époque, la littérature du tour cru n''était ni une posture ni une tentative d'entrer dans la postérité, c'était un cri, un cataclysme matriarcal, plus tard j'ai longtemps confondu les images que je me suis crées avec la dernière scène hospitalière de Philadelphia, le masque, le teint glabre, je les ai souvent superposées.

Henry Bauchau ( Boulevard périphérique), Emmanuel Carrère ( D'autres vies que la mienne), Justine Levy ( Mauvaise mère), cette dernière, et pour ne citer qu'eux, trois cancers trois ouragans.

J'ai lu le livre de cet auteur que je ne vais pas citer parce que je voudrais en parler autrement ailleurs, célèbre, juste avant celui de Justine Lévy ce week end, alors que l'ambiance autour de moi était celle d'un cocon savamment évanoui de la fureur du monde par la douce qui se reconnaitra, et je songeais en le refermant, lui qui continue, comme tant d'autres, à considérer que nous autres enfants de soixante huit n'avons pas connu la guerre, la grande guerre, j'ai continué à songer comme tant d'autres fois, en lisant les uns les autres de la toile, toi Sandra, toi Drink, moi Cee pour ne citer que nous, qu'ils se trompent, tous. J'y ai pensé plus fort en lisant le livre de Sophie ( Sauf), avec qui nous avions dîné la veille dans les artères calmes de la cité girondine, il se trompe l'auteur célèbre qui n'a pas encore connu ça, il ne sait pas, que c'est notre grande guerre à nous, les enfants de la science toute puissante et du vieillissement médicalisé, parfois à outrance.

Voir, accompagner, voir, parfois fuir, nos autres mourir.

J'ai passé deux ans de ma vie à rédiger un livre non publié qui s'appelle Le livre des proches. 40 témoignages, 1996, la fin du sida qui tue dans les médias, la fin du sida qui fait vendre. 40 témoignages de guerre(s).

Que personne n'a encore anoblie(s).

Pourquoi donc me suis-je demandé en cuisinant à l'italienne.

Parce que ce sont des guerres individuelles. Parce qu'il n'y a pas de biscuits de ravitaillement, pas de clopes dans les tranchées, pas de camaraderie,  pas d'actes de bravoures recensés par de grands historiens, pas de batailles héroïques transformées en documentaires colorisés, parce que les jeunes soldats du crabe meurent comme des vieillards, maigres, gris, chauves, parce que les rescapés, les vétérans, ne sont qu'en rémission et ne crient jamais victoire, ne défilent pas drapeau au vent sur des chars dans les zones libérées, parce qu'il n'y a pas d'armistice pas de traité, pas d'hymne, pas de chants.

Les chants, ce sont ces livres, ces textes, ces notes.

Les leurs, les nôtres.

C'est notre grande guerre. Celle du vieillissement et des maladies dégénératives, celle du cancer, celle des parents des enfants des copains que l'on regarde effarés, comme on regarde les images insoutenables colorisées ou non, c'est le même effroi, la même solitude.

Je suis une enfant de 68, et j'ai déjà vécu la guerre. J'en ai traversé plusieurs de grandes, même.

Je n'ai pas de complexe, je ne me demande pas comment untel ou untel aurait agi face aux allemands pour prendre un exemple basique, je ne pense pas que l'héroïsme est une valeur qui s''estime au nombre de médailles.

J'en ai vu, des héros.

J'ai vu des lâches, oui, parce qu'il n'y a pas de guerre sans perdants vivants.

J'ai assisté aux luttes, parfois victorieuses, j'ai filmé avec mon pouvoir des mots, ma faculté à transcrire, ces batailles sanguinaires pour l'âme et dégueulasses sur les champs.

Ca ne m'a pas rendue ni meilleure ni plus maligne ni plus justifiable de mon existence que les tranchées ne l'ont fait des poilus, que les plages de Normandie ne l'ont fait de fumeurs de Lucky.

Je me disais en refermant le dernier roman de cet auteur célèbre qui a le même âge que moi et que je connais depuis longtemps, que j'étais décidément bien impatiente de voir comment il allait tirer son talent de tout cela, lui.

Quand à sa première grande guerre il aura à faire.

Peut-être comprendra t'il. Peut-être cessera t'il de nous faire culpabiliser ( coupable qu'il est lui-même) de ne pas avoir connu la chance des années folles, celle des années 50, 60, ( où l'on avait faim, et de reconstruire le monde), de ne pas avoir eu la chance d'avoir pu nous sacrifier pour une cause noble et partagée, simultanément par tous.

C'est ça qui important.

Elle est là: la différence.

Simultanément.

Par tous.

Il n'y a pas de femmes apprêtées ( et elles aussi incrédules ) sur les quais de gare pour attendre ceux qui en reviennent. Pas de coquarde à la boutonnière. Rien à poser sur le cadre de la cheminée ( que des cadres de défunts, et des urnes pour certains ).

Il y a juste des marques souterraines, indélébiles.

Des combattants de l'ordinaire, pas gradés pour un sou, et prisonniers involontaires à perpétuité d'images sonorisées.

J'ai pensé à cela deux jours durant, entre la cuisine et le canapé, entre tous ces sourires, derrière le fer à lisser d'une jeune fille en naissance, j'ai pensé à cette guerre, cette grande guerre qui est la nôtre, entre un café et un croque, entre une Sampé et une Assiette à partager ( je cite, c'est sur la carte ), je regardais les yeux de la ( jolie) Sophie ( Sauf ), elle était bronzée, il y avait juste ce ( très léger) pli, sous ses yeux, elle n'avait pas l'air fatiguée, elle avait juste cette marque, qui dit Je suis au combat.

Nous sommes nombreux, ici, dans les livres, ailleurs, à y être, à y avoir été.

C'est ma chanson.

Ma lettre de château à celle qui se reconnaîtra. (Elle a intérêt sinon il faut tout de suite arrêter le vinho verde ).

Ma poésie partisane.

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NB à toutes les femmes de marin,  célibataires ( chroniques ou...),  pouffes ( tarlouzes comprises ), si vous avez la chance d'avoir W9, votre samedi soir est désormais uber busy, merci qui ? merci Paris.

 

 

 

15.09.2009

TROIS SEMAINES, DEUX ANS, UN WEEK END...

Trois semaines :

Le temps de remettre l'environnement au cordeau, jeter jeter jeter, trier classer, la petite entreprise a besoin d'ordre, le temps d'inscrire, de former, re-créer un rythme, ré-instaurer des routines, la routine n'est pas péjorative pour un enfant elle est tout à l'inverse, rassurante, le temps de reprendre des contacts, de noircir les créneaux, la névrose du vide de l'agenda diamétralement opposée à la stratégie du vide, vitale au cercle du même nom, jeter jeter jeter, trois semaines pour que l'été ne soit plus qu'une mémoire interne, et un parfum diffus répandu en diverses sources dans la maison, le parfum de Santa Maria Novella, maison fondée en 1612. Le temps d'en être bien certaine maintenant, objectif, et ça ne va pas être facile, changer, changer d'aquarium, investir un nouveau champ de bataille(s), et pourtant je le sais j'en suis sûre, rien ne se présentera tant que :

 

Deux ans :

Je n'ai pas envie d'attendre l'anniversaire, pas envie de me plier à la date, puisque de toutes façons, il y a deux ans c'était déjà un autre homme, un homme couché, tuyauté, invalide, c'était déjà un mourant, un sursitaire, il y a deux ans jour pour jour c'était chaque jour un répit provisoire, une rémission factice. C'était la réanimation, et la désintégration. Deux ans et si tu lis tiens le toi pour dit ( je m'en fous, lis), je ne pardonnerai jamais ça, jamais, quoi que tu fasses moi qui ai toujours tout pardonné, rancunière pas pour deux balles, pas le temps pas l'envie pas l'espace, la rancune c'est la fabrique à crabes, mais ça jamais, deux ans après, pas un crayon, pas un pull, pas une trace, pas un objet, pas un souvenir, rien, tu n'as rien lâché, tu ne nous a rien donné, et ça, deux après je ne te le pardonnerai jamais.

Ce qui nous reviendra de droit, je ne l'attends pas, plus, je n'attends plus rien même pas un revirement, je m'en fous, ça tombera quand ça tombera, et ce jour là seulement, je sais que l'occasion de trouver mieux que l'aquarium se présentera. Ca ne m'empêche, pas de vivre, plus de sourire. Cet été pour la première fois j'ai souri à nouveau, vraiment, sincèrement en pensant à lui, je me suis souvent entendue penser Ca il aurait bien aimé, ça l'aurait fait poiler ( comme moi), ça lui aurait plu de savoir que l'on fait ça et ça, ça n'est plus le joug, ça y est, il aura fallu deux ans, et tant de fractures irréversibles pour certaines pour en arriver là, retrouver la racine commune, l'humour, le trip Plouchino il aurait adoré je le sais.

J'ignore à l'heure d'aujourd'hui si je ferai ce que j'ai dit, si je les emmènerai dans l'église aux vitraux bleu, celle où il a été demander grâce, et pour une fois dans toute sa vie : refusé. Lui à qui on ne refusait jamais rien. Pour une fois dans sa vie, le pouvoir, la séduction, le pouvoir de la séduction, la séduction du pouvoir : rien. Je voudrais. Mais je sais que tu risques d'y aller aussi, et la question me dérange, dimanche ou lundi, lundi le jour j.

Voire. En attendant le:

(Un) week-end :

C'est mon nouvel espace-fille. Un week end par mois sans avoir à gérer le dossier femme de marin. Un week end de pas divorcée mais qui vit comme tel deux jours par semaine pour pouvoir faire la fille. Du luxe. Pour le baptême je ne me suis pas mouchée que du pied, deux livres à lire pour chacun des trajets.

( de la bombe bébé ).

NB : pas de nouvelles de Sandra depuis le 8 septembre. All fine ?

10.09.2009

STUDIO LINE

Vous voulez dire que vous auriez pu acheter un studio par exemple ?

Non, pas à ce point ( ça coûte combien un studio ?).

 

 

 

09.09.2009

NOIR/BLANC/NOIR/BLANC/NOIR/BLANC...

Je ne sais pas si je lui donnerai cette adresse.

Je tâche de me souvenir, en années.

Ange était né.

C'était en novembre.

Je suis allée la voir sans enfant dans la maison du Facteur Cheval, qu'elle habitait à l'époque, attendant sans patience que GW dégage enfin. Sa mère ne retournerait vivre à la Jolla que sous cette condition. Elle aussi, donc.

Son fils avait trois ans, cette année là.

Allez, ça doit faire quatre ans.

Oui c'est ça.

Trois étés passés en face de son île sur mon rocher breton, à l'appeler sans retour. Je suis en face. Rappelle moi. Son île. Car l'île est bien à elle. Cette île sur laquelle on aura passé des moments... La bande, l'île privée, SuperG qu'on a failli noyer dans les courants entre Port blanc et l'île. Il y vingt ans.

Il y a quatre ans les retrouvailles. 

Dans sa grande maison en chantier, avec son garçon, son ex-américain ( plus juif new-yorkais tu meurs ) ( la vérité ) pas loin pour la garde partagée.

Son trois feuilles en permanence.

Une semaine toutes les deux, à peine perturbées par la venue d'une femme de comédien célèbre, je me souviens de cette histoire, le comédien célèbre qui avait deux enfants un gars une fille, pour qui la fille n'existait pas.

Trois feuilles au bec, on trouvait ça archaïque.

Même sans le trois feuilles, ça l'est.

Dans les personnages qui me constituent, celle dont je parle dans cette note est un acteur majeur. Quatre ans sans nouvelle sauf de loin, savoir qu'elle avait fait appel à la chirurgie esthétique, comprendre, elle avait toujours eu une si grande dissonance, entre l'image et les moyens, A quoi sert d'être riche si on s'aime si peu. 

Riche, très riche.

Très très riche.

Ce que tu imagines, en double.

Drôle.

Trois fois.

Maligne.

Je ne vais pas raconter son histoire aujourd'hui, ni celle de sa mère qui est un roman, je ne vais pas m'étendre sur le propos de cette première partie de note, ceux qui lisent ici sont suffisamment concernés, juste, double cancer, poumons, cerveau.

Elle va attaquer sa guerre juste à côté de la maison.

On s'est souri hier, parlé de choses vers la douceur, vers se faire du bien, vers.

Vers la vie.

                                                         .............................................................

 

J'en avais souri au début de l'été avec cette agence qui préconisait le smiling comme tendance, ça n'a pas loupé, coke te promet le bonheur, Carrouf fait revenir son Avec lui on positive, Monop propose des Smiles en points dépenses, etc etc etc.

Le marketing en temps de crise, consommer pour être heureux.

Voire.

Par un étrange phénomène de répétition, j'ai l'an dernier bénéficié de multiples bonus malgré la cession de mon contrat.

Une année dure, une année redoutable, où tout vacille, mais avec des moyens. Avec le recul, l'analyse du compensatoire est indéniable.

Ma garde-chaussures est pleine.

Ca tombe bien.

Pour la première fois depuis des années, me voilà dans le red, avec un avis d'imposition tellement colossal arrivé avant hier que j'ai cru vaciller sur mes guiboles pourtant solides et bien bronzées.

A choisir.

Entre tout qui te pète entre les doigts et un larfeuille en berne.

Je choisis.

Sans aucune hésitation.

Je choisis la confiance retrouvée, la famille, le rempart.

Je choisis la santé.

Le fric, on verra ça plus tard.

 

                                                 ........................................................................

J'observe ce que j'ai tant attendu : un monde qui s'ouvre.

Les yeux avides d'une petite fille qui apprend à lire, et, autour d'elle, un monde qui s'élargit, les limite de son univers désormais exponentielles.

                                                  .......................................................................

 

Il nous reste quelques merveilles aux amandes du pays qui leur est consacré, cette île à laquelle décidément, cette année, il faudra beaucoup penser.

 

                                                  .......................................................................

 

Et pour ne pas être en reste avec l'entourage, je clôturerai en hésitant. Dans la collection du Parr, je ne sais pas si ce que j'ai préféré ( outre les photos mais c'est une autre direction), sont la collection de montres Sadam, où la cible de fléchettes Oussama.

Entre ces deux-là, difficile de faire un choix.

 

                                                   ......................................................................

 

Et puisque j'avais évité de l'évoquer jusqu'ici, achever en memoriam, à la mémoire de celui que je ne citerai pas, qui a pris une bretelle d'autoroute en sens inverse en Israël le 24 aout avec ses trois enfants. Lui, n'a pas survécu. Je ne le croiserai plus allant plaider sur son scooter. Bel ami a perdu un frère.

J'aimais son courage. Assumer son homosexualité après un mariage trois enfants. Vivre librement. Le café beaubourg ne sera plus jamais le même, assurément.

 

                                                    .......................................................................

 

Et si, comme ce matin, le ciel pouvait toujours s'habiller en rose.

 

 

 

02.09.2009

WHAT'S THE DIFFERENCE THEY MAKE

Chapître consacré au parlé.

Sicilien, et par extension, rital.

Le Tony siciliano ( à ne pas confondre avec la Dani du même nom), parle EXACTEMENT comme TOUTES les caricatures qui sont faites de lui.

Dans les Soprano il ne se sont pas foulés ils les ont carrément recrutés sur place ( pour mémoire : tous les seconds rôles de la série ont des procès au cul, ils sont tous dans des histoires locales couçi couça qui commence par un M et finit par un A).

Et les Visconti, et les trilogies Padrino& co, ils parlent comme ça. Avec des gestes, avec des r qui roulent, avec des tonnes de sous-entendus grimacés. Ca pour joindre, ils joignent ( le geste à la parole ). 

Le mieux de tout, c'est quand ils parlent anglais, là c'est le must, c'est Paccino en face de ton expresso.

A Naples : Jeune, organisateur de soirées qui tournent et brassent, beau mec, se regarde dans la glace, il a une ecchymose sur le front. Il s'est battu la semaine dernière explique t'il. A cause de la jolie brune ? Don't ask stioupid quouechtieunes. Sans appel.

A Florence : la grosse quarantaine ( mais alors grosse ), bermuda rayé, au grand chic florentin, chemise, montre ( énorme, le rital aime les montres ENORMES)(pas que les montres certes), il parle avec un couple d'américains genre trente cinq quarante qui racontent leur Florence alias shopping musées shopping gngngngngnnn, le ( très gros ) florentin, amusé, qui vient de leur dire Maille pachione ine laife it's watchizes, aille got a collekchionne ove watchizes, et de leur montrer sa toquante gngngngng, amusé donc, j'écoute ( nous sommes chez le glacier le plus chic de Florence, courte pause ), rigolard même, avec les gestes qui vont avec

You know what's de diffrence bitouine américane pipole and italian pipole ?

Nan ( version ricains NYC genre ).

Americane pipole, deille ite faste, and draïve slow

Italian pipole, deille ite slow and draïve veriveri fast.

Sourire yellow des américains hahahaha it's so true cinq minutes après ils sont partis, le rital est ravi, il se bidonne, son pote se bidonne, toute l'italie se bidonne.

( gracie mille ).

Les siciliens eux, ont la touch napolitaine en pire, tout ce qui concerne le sens de l'honneur, la famille tout ça, je te passe le signe de croix quand on passe à table et je garde une chronique spéciale pour Let's dance sur notre soirée clubbing, si ce n'est qu'ils ont le geste encore plus prononcé, le code de la famille je ne te conseille pas de faire le mariole, etc.

J'aime beaucoup celle ci :

Iou no, in Sicili, if iou don't want anyssingue tou happen, it doesn't happen ( rapport par exemple au char d'assaut qu'on craignait un peu, parfois, de laisser n'importe où).

Un mois immergé dans cette langue de cinoche. Un mois de bonheur pour les portugaises.

Tutto al posto, comme ils disent.

 

 

 

 

01.09.2009

POURQUOI LA SICILE

( Laisse Christine, c'est une valse... )

 

J'ai eu la tentation du clavier, souvent, comme avant, comme quand j'avais le temps de tourner en rond au carré, comme quand j'étais une fille.

 

Je me disais Ce soir, cette nuit, les insomnies brûlantes et moites, et puis, je montais sur le toit, avec cette vue panoramique démente, d'un côté la mer, de l'autre les montagnes de western spaghetti, qui rappelait ce documentaire extraordinaire, vu justement au début de l'été, sur les stars des westerns spaghettis, c'était tourné dans les environs de Rome, nous y sommes passés, nous avons vu les montagnes, identiques à celles sur lesquelles je regardais vers cinq heures trente le soleil allumer le décor, je fuyais les moustiques qui, étrangement, ne sévissent qu'à l'aube, pendant une heure au plus l'armée de suceurs se déploie puis ne revient plus même pas au crépuscule, je me disais, Demain je prendrai une heure, et puis, et puis Vivre.

 

Alors comme toujours des centaines de phrases m'ont envahies, lancinantes, ne pas les perdre, ne pas perdre telle ou telle idée, ne pas perdre telle ou telle formule au profit de l'instant.

 

Mais : Vivre.

 

Des titres à foison, pourquoi changer, des titres en pagaille, plutôt destinés à un ou une telle, des résumés de slides, des - toujours la même rengaine chante la voix dans Les demoiselles de rochefort - polas, des clichés, deux ou trois mots bien assemblés pour donner le tempo.

 

Mais : oui, Vivre.

 

Celui qui aura tenu la barre plus de 3000 kilomètres, soit le trajet retour, c'est ( elle se reconnaîtra celle à qui ce titre est dédié, hein ) :

 

PHILOMENA PLUCHINO ( FILOMENA PLOUKINO ).

 

Petite et rondouillarde, elle s'installe sur une ( immonde, forcément immonde ) chaise en plastique blanc dans la cuisine de la maison qu'elle va nous louer pendant presque un mois, petite, rondouillarde, souriante, joviale, empressée de me montrer qu'il y a tout le confort ( t'aurais vu la gueule du confort ), mais vite fatiguée ( motlo caldo ), la Philomène épouse de Francesco nous aura fait tout le trajet du retour quand j'appris que son nom de famille voulait dire petit plouc, tant son Francesco de mari ( petit, gros sourcils, très gros sourcils, chevelure abondante, grisonnante mais très abondante ) est une caricature de sicilien ( quand il est plouc, comme pour le reste, le sicilien comme l'italien n'y va pas à moitié, les italiens ont tout compris à la vie, lire à cet effet l'excellent J'étais derrière toi, premier roman de Nicolas Fargues chez POL, où sa comparaison entre les français et les italiens...)( les italiens montrent, eux, ils se matent, et ils montrent ( contrairement aux français qui font semblant de ne pas mater par snobisme ), Philomena Plouchino, un sobriquet idéal, celui de la ménagère sicilienne de plus de cinquante ans dans cette partie de la Sicile, la plus authentique et la plus belle, loin des flons-flons de Palerme...

 

NINO ROTA IN NOTO.

 

Dans son malheur ( le tremblement de terre qui la ravagea en 1696...), la Sicile a eu beaucoup de chance, celle de se voir intégralement détruite à une période où elle était riche, très riche.

Elle se recontruisit donc dans le faste du baroque, et chacune des villes que nous avons visité Noto, Raguse, Avola, sont autant de chefs d'oeuvres qui ont transformé ce qui aurait pu être un parfait cliché de vacances idéales là où la mer est turquoise à plus trente, là où les plages sont encore sauvages et translucides, là où d'autres plages en revanche permettent d'analyser toute la vie traditionnelle des familles siciliennes qui ne sont pas la pour se la raconter mais pour : Vivre, en une succession d'émerveillements, peintures, sculptures, architectures, plein les yeux plein le crâne, et le saisissement rémanent du contraste, les côtes encore vierges, l'aridité, le sauvage de la flore, le piquant des cactées, des figues de barbarie, et l'arrondi des balcons en fer forgé ( pour que ces signorine puissent s'avancer mirer la rue et se faire mirer avec leur crinolines ), le doré de la pierre blanchie et brûlée pour devenir de cette ocre si particulière, les églises, toutes les églises, les cathédrales, les niches à vierges partout taillées, les autels partout disséminés, les fresques, les tableaux de maîtres livrés aux pupilles des croyants avides et des païens reconnaissants, sans cesse le contraste, sécheresse, splendeur.

Noto sera certainement le plus vif concentré de cette forme de violence que constitue tant de Beauté.

Dans ce qu'elle introduit la notion des impossibles partages ( Ceux qui manquent, Ceux qui restent ( et manquent )), dans ce qu'elle souffle, comme une gifle, souvent, dans les yeux asséchés par le vent et le sel.

Ce soir là, dans la cour du palais, un quator de saxophones, une diva type la Castafiore du journaliste au petit chien ( qui racontera en fil, l'histoire d'une... Philomena...), un piano ( forte ), un piano tout court, et les plus emblématiques musiques de Nino Rota, Fellini c'est Rome mais Fellini c'est L'Italie, celle de Morricone, de Mancini ( américain peut-être, mais Mancini...), et dans la cour du palais, les auditeurs jouissent. Les italiens sont habillés ( la clientèle est trop middle-life pour être sapée ), les italiennes sont en éventail, elles connaissent toutes les paroles des chansons qu'elles fredonnent silencieusement en - ça se voit ça se lit - revisitant leur jeunesse ( Vivre, re-Vivre, Vivre...), les enfants sont sages (la Sicile n'est pas le pays des enfants sages, Roi et Sage ça va très mal ensemble même au pays du tout much revendiqué, qui en matière de stylisme ne craint AUCUNE faute de goût)(on n'est pas à Milan on est en vacances)(cette toujours saine aversion du mot Vacances) , tout à coup un hélico brise la carte postale, fait deux aller retours circulaires au-dessus de la ville qui rendent quelques minutes la diva inaudible et la réalité à l'ensemble de la scène jusque là assez tri-dimensionnel, la diva sourit, l'organisateur sur le fauteuil devant moi lève les bras au ciel et l'ensemble du parterre sourit à ce qu'est l'Italie. J'aime bien moi, cette descente provisoire ( l'hélico dans le film avec les musiques de film ) parce quand ça reprend ça reprend avec plus d'humour, et la deuxième partie devient Nino Rota de Fellini dans toute sa flamboyance spaghetti. Génial.

 

TONY(S).

Ou TONYLAND.

L'Italie ( dont la Sicile est toujours une version +++ rapport à l'addition = Italien en vacances + Sicilien ( pas forcément en vacances )), c'est le pays des Tony. Ils sont tous là, de Montana à Sopranos, et le Tony quinapeurderien ( ( DE RIEN ), moi le fait qu'il parle ( et en italien), ça me fait un paquet de séquences. Parce la version authentique de la caricature, c'est le cadeau. Bouffer du Tony pendant un mois : la récompense. La grosse totale. Les cheveux. Les lunettes de soleil. Les poils. Les slips de bain. La bagnole, tout le trip autour de la bagnole ( dans les années 70, Giuseppe Culicchia dans Le pays des merveilles, en Poche requiem sur l'adolescence à consommer d'urgence ) crée déjà un personnage, aieul anarchiste qui refuse de transmettre à ses filles qu'il déteste l'héritage du aux droits de sa seule oeuvre parue ( vendu à des milliers d'exemplaires : Sur la méthode optimale de lavage dominical du véhicule automobile à l'usage des italiens ), le trip autour de la bagnole c'est à deux doigts de mériter son chapitre ( mais bon), en gros ils l'ont bien kiffé notre char d'assaut ( 1987 ) les Tony. Le Tony, quand on te dit que RIEN ne lui fait peur, le karaoké en string bicolore ( pas Favio Briattore mais presque )( le léopard en moins on va dire) avec les cuisses de dos argenté, les lunettes posées sur le front ( au-dessus des yeux donc, les yeux doivent lire les paroles du vieux titre de variet à fond les manettes ), ça ça ne lui fait pas peur, de toute façon le Tony, il est imparable. La femme du Tony est bien aussi. Carmela, ça te dit quelque chose ? Les enfants ( rois ) des Tony's feraient bien de faire attention, comme au Brésil, l'obésité menaçante et affirmée, la liberté ne rend pas léger éternellement...

 

ET COMMENT TU LA VEUX LA PASTA LINO.

 

C'était une phrase de la bande, à l'adolescence tardive ( attardée). Combien de fois m'est elle revenue. Al pomodorro. ( Le pays des Tony et des Lino ). Aldo forever.

 

LA STRATÉGIE DE L'INCRUSTE.

 

Je n'ai jamais aimé les territoires inconnus ( je ne suis peut-être pas assez connue ), Arriver dans un endroit pour la première fois synonyme Angoisse. Même si j'ai parlé la langue, avant, avant de la mélanger avec le portugais ( les siciliens sont un peu les portugais de l'Italie, je sais, dit comme ça, mais en vrai, bref )( ils vivent néanmoins totalement à l'espagnole )( si si), même si même si. Angoisse. Néanmoins, l'expérience tout ça, et une stratégie somme toute efficace. Philomène Plouchino nous a bien aidés, les seuls casseroles dignes de ce nom on les avait apportées il a fallu tout hypermarcher, les couverts, les verres à pied, le toutim ( le pommeau de douche, ce genre ), parce que rapidement déjeuner ça allait, mais dîner la tous les soirs autant tout de suite, oui, ça. Le vrai coup de bol du voyage. A cinq mn Le resto. Le. Resto. J'ai dit On y va tous les soirs pendant une semaine, après on tente un autre truc, et on revient. On a très vite sympathisé avec le boss ( sans blague). Qui s'est révélé au final être un vrai malin doublé d'un bon gros sentimental. Ma came. La veille de notre départ, je joue la carte Pour voir. Dans le mille. Notre dernier déjeuner sicilien, le lendemain, ce sera chez lui. ( Tu connais un bon endroit où on pourrait déjeuner demain, parce qu'on va partir vers telle heure etc, la carte Pour vérifier ). Chez lui avec le discours qui va avec. Chez lui avec femme et enfants qui vont avec. Chez lui. Le dernier sms est arrivé hier soir, juste après notre arrivée, on a quitté la Sicile mercredi dernier, on s'est gagné des potes ( des Tonys qui assurent ).

De la super bouffe. Et des très bons pinards. ( J'ai commencé ma cure annuelle hier, crois moi que je sais ce que je te dis quand je te parle des pinards).

 

BRESICILE.

On venait d'arriver, la nuit en bateau, Catane, la maison, investir l'inconnu, on est partis voir la plage que Francesco Pouchino nous avait indiqué, à quelques rien du tout à pied. Bonifacio, en miniature. Les falaises blanches, la grande bleue pâle le contraire de trouble, translucide je l'ai déjà écrit plus haut, c'est pourtant le terme, les ocres, Pipa, les falaises de Pipa, la lumière du nordeste, je sais que la personne, avant qu'elle ne me le dise plus tard et ça n'est pas une surprise, a elle aussi, trouvé son Brésil. Moins loin. Plus safe. Avec le baroque en bonus. Ca aussi, ça revient souvent, et plus tard, avoir le frangin brasioulien, en Toscane, lui à Sao Paolo c'est l'hiver je vois sur l'écran comme il est blanc, comme une évidence, l'avoir lui une évidence juste après avoir quitté. Comme lui, que j'ai chaque fois comme son pays tant de mal à quitter. On a eu le coeur serré. Mais au moins, pour une fois, j'étais deux.

 

PER DIMENTICARE.

 

Dans la dernière station service italienne, j'ai mis la main ( in extremis ) sur les compiles. De tout ce que. HIT MANIA ESTATE 2009. On avait déjà les albums rares de Luccio Battisti, Dalla est depuis longtemps lui aussi dans mes ordis, là c'est pas du tout le même niveau c'est la compile de radio Kisskiss ( oui oui ). La première fois qu'on a entendu Per dimenticare ( pour t'oublier ), on s'est bien poilés, le côté Cure revisité al pomodorro, franchement, pas mal. Et puis, confère tout ce que j'ai déjà barbouillé sur la chanson populaire, à force de l'écouter sur toutes les radios, partout, tout le temps, ça se finit à la station service. La radio c'est un truc, en Sicile. Le soir, il y a cette émission Caffé dé la nouit ( en français dans le poste ), qui a beaucoup accompagné nos virées nocturnes, en gros le concept, c'est du Ardilounge, toutes les reprises façon Madame Thierry mais down tempo. Nickel. ( Il y a eu aussi, tout ce trip, rentrer de Raguse la nuit, et sur l'équivalent France cul rital, Tristan et Yseult, le concert intégral ( avec traduction du discours en VO du Chef ) de Daniel Barenboim quand il a fait son concert pour la Palestine, avec du Malher, ( Barenboim dit Il serait illusoire de penser que la musique peut apporter la paix, mais elle peut apporter la preuve de la transcendance, un très bon discours), la route de nuit habillée comme une Pandora (bonnet 115D).

 

Je ne vais pas tout écrire le même jour, ça ferait une note trop longue et je suis la première à ne pas aimer, les notes trop longues.

 

( les absences non plus, pas trop longues ).

 

( hein ).

 

Je crois (qu') aussi, un peu En garder pour plus tard.

 

( Per dimenticare ).

 

 

 

 

 

 

 

 

24.07.2009

ADVICE(EE)

Un de mes bons amis ( jaipasledroitdelecitersinonjemefaisengueuler), disons un de mes Belami, m'a envoyé un mail suite au diner d'hier soir en sa compagnie,

le message clef est :

TAKE THE BEST, FUCK THE REST.

Ma foi ( il m'en reste une, elle est pour moi ) j'ai trouvé que comme leitmotiv... je suis à deux doigts ( nan pas là ) de me faire faire un tee shirt.

 

( un débardeur on va dans le sud cette fois-ci on a dit ).

 

Take the best fuck the rest, mantra style.

 

C'est tentant comme proposition faut dire.

 

( Y'en a qui vont avoir mal au cul nan je donne pas les noms non plus ).

 

Je vais rater le dernier épisode de l'amour en héritage, dommage. Je ne me souvenais pas qu'Anne Parillaud jouait dans ce téléfilm de haute-qualité. Je ne me souvenais pas non plus qu'elle s'y appelait Fauve, ce que, sur mon fidèle destrier ce matin, je ne pouvais pas m'empêcher de trouver un joli prénom. Je ne me souvenais pas ( mais pourquoi j'ai bu autant de vin rouge moi, ah oui je sais ) pourquoi ce grand moment de télévision me touchait à ce point ( au point de brancher ma télé à huit heures trente du matin alors que un, je ne regarde pas la télé, deux, ma divine progéniture étant absente, j'aurais pu en profiter pour ne pas être insomniaque, pas de bol, je suis insomniaque, la preuve, a cinq heures du matin sur Radio Alligre il y avait un débat passionnant sur la corrélation entre la recherche scientifique et l'art ). Je m'en suis souvenue ce matin ( du pourquoi ça me touche).

 

C'est un des premiers livres que mon père m'a offert. " Princess Daisy ".

 

Ca cartonnait aux états-unis.

 

Adapté pour devenir le chef-d'oeuvre que l'on sait, c'est devenu L'amour en héritage ( t'as raison, hin hin ).

 

Dans lequel l'héroïne se fait appeler par le peintre La rouquine.

 

Mon arrière grand-père, qui épousa Alice Guérin lorsqu'elle avait seize ans et qui en fit son égérie aussi, l'appelait La rouquine.

 

Cette rousseur qui s'est perpétuée jusqu'à mon père.

 

Et qui sautera peut-être sur la génération des enfants de ses petits enfants.

 

Je me suis souvenue du livre très précisément, l'objet livre, sa couverture, je me suis souvenue qu'il y avait des passages un poil érotiques qui firent mes premiers émois littéraires du genre ( je n'aime pas la littérature érotique, tant qu'à faire, autant avoir l'image, mais bon les goûtsetlescouleurs, hein ), je me suis revue dans ma chambre dite dejeunefille, le livre partout trimballé, la couverture avec le lettrage à l'américaine, bien allambiqué, en relief doré, Princess Daisy...

 

La pile de livres est conséquente, qui va traverser avec nous la grande bleue.

 

Et, parait-il, le nouveau livre de Mauviginer qui sortira à la rentrée est un chef d'oeuvre.

 

Keep the best, fuck the rest.

 

Keepthebestfucktherestkeepthebestfucktherestkee...

 

( Fuck the pestes)

 

c;

 

 

22.07.2009

ENTRE DEUX O.

D'Oublier à Optimiste.

J'avais entendu cette interview un matin, elle dirigeait une société dans Rue des entrepreneurs, qui s'engraissait de la même façon que je compte bien moi même m'engraisser ( avec la société hein, je te vois venir, si tu crois que je vais me changer EN PLUS, en boudin : note (importante) : les filles rondes, grosses, ne SONT PAS, des boudins, le boudin, c'est un corps de maigre avec des excroissances au milieu qui racontent que la bibine et les restos normands soit tu fais une croix soit va encore pas falloir t'étonner si l'herbe est d'un seul coup vert fluo dans le pré d'à côté )), une société qui fait son beurre donc en racontant aux entreprises qui elles sont ( c'est pas divin ça comme concept ?), donc la dame dit : Je crois en une nouvelle philosophie pour les années à venir, notes bien le philosophie et avales tout ce que tu as dans la bouche tout de suite sinon tu vas dévaster ton clavier, qu'on appelle chez nous ( la philosophie ), le Smiling. Nous sommes entrés dans l'ère du smiling. ( déjà devant ma radio, ça donne l'air intelligent ça aussi, je smiling pas mal à ce moment-là). Chez nous poursuit-elle, on ne prononce d'ailleurs jamais le mot, c'est interdit. Le mot qui commence par un C.( cocaïne-ecstazy-quinze euros c'est donné ?). What C?

Le smiling, c'est ta nouvelle philosophie à toi que tu as où ta crise de rire tu peux tout de suite tirer la chasse dessus c'est INTERDIT on t'a dit.

 

Sans déconner, c'est pas du concept ça ? ( oui, j'ai mauvais fond, je pense bien évidemment à Combien on paye ces gens-là pour ça)( je VEUX savoir). Si quelqu'un connait la dame qui...

 

Oublier donc.

 

Plus facile à écrire qu'à, ça bas de soie, même avec du blanc du rouge rien ne bouge.

 

On va déjà essayer Faire avec comme première étape, hein.

 

C'est pas mal Faire avec. ( Faire avec smiling ).

 

Donc je Faire avec.

 

( bien à gauche, regardes ma page).

 

Oublier,p,q,r,s,t,u,v,w,x,y,z,a,b,c,d,e,f,g,h,i,j,k,l,m,n,Optimiste.

 

T'as mieux à me proposer peut-être ?

 

( comment je t'ai inventé le Optimising, comme ça l'air de pas y toucher, au sel de guérande, le beurre ).

 

Blonde et optimiss. ( parissiltonisation à craindre ).

 

C'est  y pas Noyel.

 

Hein.

 

A J-3 de la transumance.

 

Après de (braves) années sur le caillou breton, après avoir connu ces premiers jours de l'été indien parisien de septembre où c'est une forme de haine qui s'installe à voir ce soleil sur les pavés comme une insulte ( après un mois sous pull limite cheminée ), cette année ENFIN, la grande bleue où il fait TOUJOURS beau, où même les douze cm carré de tissus sont DE TROP, où EN PLUS il y a autre chose de que de la Complète et des langoustines.

 

Allelujah. ( un six feuilles, au moins ).

 

Comment veux tu qu'avec ça je ne sois pas ravite de toute ma crêche. J'aurais mauvais esprit ( mauvais fond oui mauvais esprit non).

 

On en est à un point que mon voisin du dessous qui vient de déménager mais qui est revenu pour l'apéro-voisins-verticale ( la co-propriété : verticale, parce qu'il y a aussi l'horizontale )(cherches pas c'est de la langue de syndic et un nid à emmerdes : aucun intérêt) dimanche, m'a promis en rigolant jaune qu'il m'enverrait un SMS ( il passe ses vacances côte Ouest, lui ) le jour où ils ( réussissent à) déjeunent dehors. Ca va pas lui coûter cher en SMS ( lui ).( Tu vois j'ai plus de mal avec le Oubliing qu'avec l'optimissing MAIS ça va viendre )(Optimissing at work).

 

Gommora nous voilà. ( le premier qui vient nous péter les couilles ça va lui faire chaud à son canelloni, je suis pas d'humeur ).

 

Construire tranquillement la pile. ( Lire = good for oubliing ).

 

Emporter UN sweat, in case ( mais alors vraiment in case ).

 

Des films, aussi.

 

Des morceaux tambien.

 

Lapetiteliste.

 

Dans un monde idéal ( gngngnngnnn je sais )(tu crois vraiment en rien toi hein), j'aurais AUSSI, laissé les téléphones dans le crâchin ( qui tombe actuellement je ne vois vraiment pas pourquoi y'en a encore qui gaspillent leur pognon à faire cinq cent bornes alors que la Bretagne ça te gagne on l'a grato à Paris, c'est nul )(nul).

 

Sauf qu'il y aura toujours une grand-mère à rassurer, une Petit Paul à aller chercher à l'aéroport, un trucsuperimportant à gérer.

 

Est ce qu'on peut supprimer le mode SMS d'un téléphone ? ( je suis prête à payer TRES cher ).

 

(Un téléphone sans SMS va falloir que j'arrête les shoots d'optimissing sinon j'ai la vague intuition que je vais me manger une mauvaise descente. Pourquoi pas une rentrée sans crise pendant qu'on y est ? ).

 

Je n'ai pas dit mon dernier mot avant de partir, j'aimerais bien que pendant les trois jours qui viennent il se passe des trucs rigolos ( si je te dis qu'hier j'ai surkiffé la rediffusion à 8h30 ( du matin) de L'amour en héritage , tu rigoles ? (moi si)), que ma stratégie en cours d'O à O se révèle efficace ( O n'est pas trouble ), j'aimerais bien qu'on danse vendredi au Djoon et samedi à la Fabrique ( swingin London ), j'aimerais ne pas continuer à consciencieusement perdre toutes mes chances d'arriver bronzée dans le western spaghettis de l'été. ( payable EN LIQUIDE ).

 

Bienvenue à Smilingland.

 

c;

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

20.07.2009

NON NEGOCIABLE QU'ILS DISAIENT

Et pourtant et pourtant... ( oui je n'aime que toi Charles ).

 

J'aurais pu faire une belle note bien chiante pour le quidam, destinée à faire baver ceux qui n'ont pas encore décollé de leur quotidien pour villégiaturer, j'aurais pu décrire comme je sais le faire ( j'ai donné ) les lieux et les passades, car de passades ils s'agit, trouées d'infinis, de silences épurés par le vide, les îles, les ciels, les pierres, j'aurais pu donner à lire des histoires vieilles de quinze siècles, comme la mienne.

 

Oui le bateau, oui ce miracle, cette chance, ce luxe inouï, oui les fonds translucides ceux-là, les turquoises et les ocres, oui.

 

Mais non.

 

Tu vois ( non tu ne vois pas mais je vais t'aider ), Angot avait écrit J'ai été homosexuelle pendant trois mois, et bien de mon côté de ma littérature, voici ce que j'ai à te dire : j'ai été brune ( presque noir ) pendant dix mois.

 

Moi la blonde invétérée. Madame soleil ( même), et maintenant Shine, j'ai été brune pendant dix mois.

 

Comme si la couleur, là haut, comme si l'enveloppe autour de ce qui me sert à penser, avait pendant dix mois été de la couleur exacte de ce mal infâme qui m'a rongé(e).

 

Je ne me savais pas capable de tout ça. Pas plus que je ne me savais capable d'assumer ce brun si foncé qu'il en était parfois presque bleu.

 

Et là encore, la métaphore fonctionne. Noir, avec du bleu. Des : bleus.

 

Ces fameux A l'âme qui firent un des beaux titres, là aussi là encore, de la littérature à papamamantabonneetmoi. Et moi.

 

Je croyais, naïvement = pléonasme, qu'avec les deuils, les conséquences de ces dits-deuils, j'avais exploré une somme de douleur(s) difficilement rattrapable sur l'échelle de l'ulcère.

 

Merveilleuse machine que l'humain, j'étais loin du compte.

 

Cette sonde-là, ignorante du désir, du manque, de même la simple peur, cette sonde-là je ne la connaissais pas.

 

C'est celle qui t'enflamme le plexus, te broie le diaphragme, te scie les jambes, te coupe le souffle ( et pourtant quand tu es fumeur te fais consommer tige sur tige ), c'est celle qui t'envoie hurler à quelques hectares pour être bien certain(e) que nul(le) ne t'entende.

 

Celle qui te rend fou.

 

J'ai expérimenté ça : pendant dix mois.

 

Ca qui te pousse à brûler tes propres aîles, en t'obligeant à agir, puis en t'obligeant t'observer avoir agi, celle qui t'embrase la conscience à constater à quoi tu t'en es toi même réduit(e).

 

Chacun de ces actes ( méprisables), te conduisent à te haïr un peu plus, chacun de ces actes, te fait te maudire un peu plus.

 

Et pourtant et pourtant.

 

Sur le quai sur lequel tu es échoué(e) non quel qu'en soit le numéro tu n'as pas le choix.

 

Dix mois.

 

Dix mois que c'était vrai.

 

C'est long c'est court: dix mois.

 

Imagines un marathon à courir contre toi même de, environ, 305 jours.

 

305 jours sans pause ou presque.

 

Les répits sont des mensonges auxquels tu choisis de croire pour épargner ce qui te reste de peau.

 

305 jours pendant lesquels pas un réveil, pas un éveil, pas une nuit, pas un moment de plus de.

 

Sans que la sonde.

 

Cette sonde qui incarnait pour toi jusqu'alors le tourment du désir.

 

Et, parfois, l'intuition du ventre.

 

C'est un sacré voyage que j'ai fait là.

 

Et sacré est un mot ici choisi, crois-moi.

 

Un voyage pour lequel il n'existe aucun guide, aucune carte, à peine si les témoignages de ceux qui l'ont parcouru est utile, même pas, c'est un voyage unique.

 

C'est le voyage d'une seule histoire.

 

On ne rentre ni bronzé ni grandi ni formé d'aucune jeunesse que ce soit d'un tel périple.

 

Bien au contraire.

 

On contemple les marbrures, on compte les cicatrices, on se sent laid(e). Très laid(e).

 

Et pourtant et pourtant.

 

A aucun moment, à aucune des étapes, jamais tu m'entends, je n'ai songé à interrompre ce voyage.

 

Jamais pas une seule fois je ne me suis convaincue que j'avais tort de poursuivre.

 

Et je continue. J'enfonce le clou ( je peux y aller de toutes façons je suis blindée, la douleur ce n'est rien, vraiment rien).

 

Pas même une fois je n'ai songé à retourner le cours des choses en me transformant en harpie, en femme blessée, en salope, en conne.

 

Ca non.

 

Ca au moins : non.

 

Je n'ai pas répondu.

 

Je n'ai pas riposté.

 

Je n'ai pas attaqué.

 

Je n'ai pas trahi.

 

Je n'ai pas trahi mon histoire.

 

Je n'ai pas trahi cette histoire.

 

( Suis-je enfin une sainte ?) ( merci d'avance ).

 

Je me suis regardée, en cette brune qui n'était pas moi, pendant dix mois, et j'ai pris sur moi de regarder cette fille brune faire des trucs moches pour accéder à la vérité.

 

Connaître son ennemi, sinon comment seulement imaginer lutter.

 

Cette fille brune, laide, sale de son propre fait, cette fille brune est morte.

 

Samedi matin, la fille blonde, solaire, optimiste, drôle, la fille qui sait rire de tout, bronzée, fine, la fille qui paraît peut-être son âge ou pas mais qui crois-moi une dernière fois s'en branle radicalement, cette fille là est re-née.

 

Pour donner une chance, encore, toujours, à cette histoire.

 

Parce que tu vois, le sacré, moi, je sais ce que c'est.

 

Mon amour est sacré.

 

Mes enfants sont sacrés.

 

Mes amis ( à temps partiel on n'est pas des bêtes hein, errare humanum est un peu mon neveu ) sont sacrés.

 

Ma littérature, est sacrée.

 

( Ma famille est sacrée mais comme ils te proposent de te le dire sur le site à aminches, sometimes, C'est compliqué).

 

Blonde un jour blonde toujours.

 

J'ai été brune pendant dix mois, et moi je te le jure, c'est la dernière fois.

 

Cette tête-là, elle est finie.

 

Blondly your.

 

c;

 

 

 

 

 

 

03.07.2009

FILLE

Et puis comme dirait ( oui, lui) je suis sortie de l'hôpital, une fois de plus le soleil m'a crâmée, et j'étais brutalisée par la jouissance, enfin le soleil, enfin cette brûlure, dans le décor insane, on s'habitue toujours, les ritournelles s'installent même dans les prisons, même dans les pires prisons, je sais de quoi je parle les prisons je les connais, celles où on te fouille, celle où il faut tellement franchir d'étapes avant de que, même lorsque je me rends dans un hôpital je suis toujours étonnée de voir à quel point c'est facile d'y entrer, et quand je pense à ça généralement je suis déjà dans l'enceinte ( et toujours étonnée) et puis je me souviens de ces dealers qui sont venus tuer, oui  elle par exemple, dans une clinique soit-disant protégée, mais l'assistance publique c'est pire c'est comme une passoire et tout le monde qui veut vraiment, alors il n'y a plus qu'à prier pour que ceux qu'on aime, dedans, bref.

 

( le marin a mis Lapointe Youpi youpi je te jure c'est pas si simple de )(Mais on l'appelait Framboise...)

 

Je suis sortie mon scooter était maintenant à l'ombre mes mains moites c'est dangereux ces jours ci tellement il fait chaud.

 

Dans le service derrière ( laisser...), il y avait une ( petite )princesse.

 

Dans une robe de laine chic.

 

Beaucoup.

 

Elle m'a désigné celle que j'avais déjà remarqué la veille quand on est allées partager notre cigarette, elle m'a dit C'est terrible quand je vois ses mains trembler, le manque d'alcool.

 

Dix-sept ans et tout le sérieux du monde, crois moi.

 

Les adultes ( et autour d'elle ) sont fous.

 

Je suis chez les fous.

 

Elle a envoyé un sms à son père qui est loin, il y a quelques jours. Je suis chez les fous.

 

Elle, dans sa jolie robe chic bleu marine.

 

Je l'ai confiée.

 

J'ai confiance.

 

Tu vois, demain je m'en vais.

 

Loin.

 

Là où moi aussi, j'ai besoin de sentir la relativité du monde.

 

Je suis sortie de la chambre c'était l'heure de la revue médicale.

 

Un infirmier est sorti de la chambre d'à côté, il m'a demandé Ca va ? j'ai répondu oui. Bien ? Oui, et j'ai compris que j'aurais pu être celle qui.

 

Aujourd'hui juste avant, j'avais rencontré la preuve que l'Humain est toujours vivant.

 

Je ne sais pas si j'y aurais encore cru, sinon, en tous les cas autant.

 

Depuis que la petite princesse est enfermée là-dedans je n'ai rien lu rien vu rien entendu.

 

J'ai écouté, en revanche.

 

J'ai noté.

 

Au détour d'un tajine, les questions tellement concernées ( donc pertinentes ) ( et ô combien par là touchantes), d'un garçon qui...

 

J'ai retrouvé, la sollicitude, la bienveillance infaillible, d'une fille qui...

 

Je vous confie la petite princesse.

 

Je sais que vous en prendrez soin.

 

Moi je pars en mer.

 

En mer.

 

( en mère(s)).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

01.07.2009

SILENCE =...

Ce slogan comme ils disaient dans le vieux monde obsolète et loin s'en faut d'être merveilleux de la.

 

( Cherches, ça commence par un p ça finit par un b).

 

Je connais une petite princesse qui pourrait bien y laisser sa beauté, moi, au silence.

 

Sa vie, donc.

 

Je connais une princesse à qui j'aimerais faire comprendre et non pas seulement croire, qu'elle est belle.

 

J'ai regardé longtemps et sans rater rien, chacun de ses gestes, la façon dont elle tordait ses bras, ses mains.

 

J'ai regardé ses jolis pieds sandalés qu'elle avait manucuré juste avant que je n'arrive.

 

J'ai regardé les autres, vides, les autres internés.

 

J'aurai pu tuer celui qui lui a volé cette montre que j'avais offert à son père il y a des années, règle numéro 1 du milieu hospitalier, ne jamais, jamais rien, même pas cinq minutes la preuve, ne jamais rien laisser traîner en milieu hospitalier.

 

On a fumé, un peu.

 

On a, non, j'ai. J'ai, parlé.

 

J'aurais voulu lui dire de couper ses cheveux, oh pas beaucoup trois centimètres. J'aurais voulu lui proposer de le faire moi-même.

 

J'aurais voulu la prendre dans mes bras je n'ai pas osé, je l'ai à peine effleuré.

 

Ne rien, ne pas brusquer.

 

Elle a dit ce qu'il fallait. A savoir : l'ineptie. On ne regarde pas ce qu'elle fait de ce qu'elle mange. On ne l'observe pas. On ne se soucie pas d'un point de vue médical de ce qu'elle fait de ses repas. Alors qu'elle est là soi-disant pour ça. On lui propose des anti-dépresseurs parce que ce serait sans doute tellement plus simple que de la soigner.

 

Que de lui parler.

 

Que de dialoguer.

 

Que de rompre la malédiction du silence.

 

Je me suis mortifiée, encore une fois, des années après, de partir, de la laisser, elle qui se rappelle de tout autant que moi.

 

Je le sais.

 

Cette ancienne petite fille qui est devenue une si belle jeune femme.

 

Que personne n'écoute.

 

Elle se tait, alors c'est comme ça. On ne lui parle pas. On a peur de la gène. Le gène : de la vérité. Alors personne ne parle tout le monde se tait.

 

Je vais y retourner demain.

 

Et après demain.

 

Je n'ai pas de solution j'ai juste un coeur et des oreilles.

 

Et des yeux.

 

Pour voir une si jolie jeune fille.

 

Si tu savais comme elle est jolie...

27.06.2009

LOLA PIGNATA

C'est mon nouveau surnom j'ai dit à Tiphaine à la terrasse du Phare, ambiance treize heures cagnard, Tif porte ce qui est désormais devenu son look officiel, chemise à carreaux, jean retroussé, cheveux semi-gominés entre la banane et le rock house-butch.

J'adore.

 

Elle sourit C'est quoi ce surnom ?

 

La pignata, c'est le machin que tu tapes dessus jusqu'au moment où ça explose et tous les cadeaux tombent.

 

Elle rit.

 

A quelques mètres de la place de la république, ils sont nombreux ceux qu'on sait se diriger vers Montparnasse pour le démarrage de la kermesse.

 

On fait notre petite revue.

 

J'essaye de piquer le Libé du café pour lui montrer la divine photo du nouveau ministre de la culture et de la communication période Paquita/Paloma au Palace, la mémé qui le lit refuse de me prêter la page qu'elle ne lit pas, elle est plongée dans le cahier spécial Bambi Pan, la Lola Pignata qui sommeille encore intacte menace de libérer sa collection d'offrandes, elle est odieuse, dix minutes plus tard on la voit sortir, elle a taxé le Libé, elle tourne et retourne l'air largué, elle est toute pleine d' alzheimer dit Tif, ma pignata est restée intacte au prix d'un effort ( maîtrise ) intense, je rachète un deuxième Libé chez le gay-kiosquier, depuis neuf heures ce matin, Libé m'a collé le blues. Pas à cause de l'hommage, à cause du volume de l'article sur la journée des homosexuels.

Je me souviens de cette couverture fond rose avec une chaussure de drag-queen. Gay c'était encore un peu subversif, on mourrait encore un peu du sida ( on meurt toujours encore un peu, du sida). Il y a un trois-quart de page, le minimum légal vis-à-vis d'Act-up, , photo de la révérence à Cleews, 1994, aucune image de ce que fut, de ce qu'est peut-être encore par endroits la Gay pride made in France dont c'est parait-il les 20 ans, tout ce qui est à lire sur Quarante ans de lutte, est visible sur le site.

 

L'hommage papier : 3/4 de page ( V ).

Et le nain en couverture.

 

Les temps changent.

 

( La pignata...).

 

Hier, ce petit bonhomme de cinq ans, à qui je demande ce qu'autant d'adultes n'auraient pas supporté : Tu vas être courageux ?

 

( Parce que si tu es courageux, nous n'aurons pas à aller à l'hopital, nous n'aurons pas à aller dans cet endroit infernal que sont les urgences pédiatriques, dans une heure ou deux nous serons à la maison avec ta soeur qui était si triste de te voir partir sans elle à la clinique, parce que si tu es courageux on va s'éviter cet enfer )

 

( et si tu es courageux, as well, tu l'auras ton jeu de Pokemon pour la DSI)( toujours ce temps là en moins que tu passeras à tenter de révolutionner la photo ).

 

Il accepte.

 

Il est allongé dans la petite pièce, c'est ça ou l'enfer, il accepte, juste, à un moment, son regard bleu que note tout de suite le médecin, Et qu'est ce qui va se passer si je ne suis pas courageux.

 

Tu vas être, tu es mon grand garçon, tu es courageux.

 

( Incroyablement ).

 

Le médecin me demande de sortir.

 

Dans la grande salle, je m'assieds le plus loin possible, et tente de laisser la conversation inepte d'une assistante médicale et son boss dentiste envahir mes portugaises au maximum, mon coeur est à cent mille, je sais que si je l'entends pleurer la pignata.

 

Ca dure. Quand le silence revient dans la salle je me bouche carrément les canaux à me sentir tellement coupable.

 

A l'hopital, au bout de cinq heures, au mieux,  oui, on l'aurait anesthésié.

 

J'entends un moment sa voix, une plainte brève.

 

Quelques minutes salopes plus tard, l'infirmière sort tout sourire, le petit homme aussi, sourit, le médecin hoche la tête, Je n'en ai pas vu souvent des courageux comme ça, le mien à douze ans, impossible.

 

Merci.

Le petit bonhomme au grand courage sourit. Il a pleuré au cinquième point.

 

La pignata.

 

Je parle à Tif de ce texte sur le Pulp que j'ai tant de mal à mettre en ligne ailleurs. Il y a trop elle dit. Evidemment, ça n'est qu'un préambule, et ça n'en est que plus périlleux. Ca concerne beaucoup de monde. Beaucoup. De mes mondes.  De ces mondes qui plaisantent peu avec l'histoire de leurs temples.

 

On attaque la revue de société, le We are the world et on est drôlement dans la merde. On parle des changements, et de la violence inhérente à ces changements. C'est parti de la couve de Marianne que je n'ai pas vue, 100 objets pour nous sortir de la crise, alors que c'est ça, la répétition permanente des 100 Objets pour en sortir qui nous y a mis, dans la crise.

Depuis soixante ans, ça en fait des objets.

Une guerre atomique en guise de solution, C'est plus simple de même simplement réussir à imaginer ce genre de choses quand on n'a pas d'enfants je me dis.

 

J'ai raison.

Tiphaine qui est brillante, a aussi, dans le discours qu'elle étaye, raison.

Il va falloir que ça change, mais c'est beaucoup trop violent pour que qui que ce soit se risque à prendre l'initiative.

Le nouveau ministre de la culture et de la communication a bien changé, lui.

Il y a des bagnoles de location qui passent techno d'hyper à fond, bondées, eux aussi, je sais où ils vont faute de sobrement imaginer, d'où ils viennent.

La mémé en violet qui a failli prendre tout à l'heure en est à son quatrième je traverse je re-traverse, mon sourire dit que je ne suis même plus en colère.

La pignata attendra.

Je n'irai pas aux quarante ans de La Chocha ce soir.

Ma gay life est bien derrière.

J'aimerais, je ne peux pas, demain matin il y a la route, je hais la route, demain matin il y a ce que j'ai pondu de mieux tout supports confondus à l'arrière, il n'y aura pas la bande des filles à filles, ni ça ni rien.

Trois-quart de page(s)... à peine.

Lola Pignata c'est moi.

 

 

25.06.2009

CYNIQUE TA FETE

La rue de Bretagne, point culminant et convergent du Marais-Chantal. A l'heure des sorties d'écoles et de caricatures diverses, premier jour de soldes, il doit y avoir un casting rue Charlot pour les collections homme on voit déjà défiler en avant première une flopée d'éphèbes hybrides, mi ci mi tout ce qu'on veut, au choix.

Moins glamour mais plus vital, la boucherie.

Devant, en sortant, un panneau double face, sur lequel est écrit LA FETE DES MAITRESSES.

Comment, comment n'y avait-on donc pas pensé avant ( hein )( je te le demande à toi aussi tu peux répondre il n'y a qu'à cliquer sur commenter ça n'est vraiment pas sorcier ).

Après les mères, les pères, les maîtresses.

( Simple comme un coup de pine).

EVIDEMMENT.

Un tantinet misogyne peut-être, si on voulait être tatillon ( hein).

Quid de la fête des amants ( la fête des pédés et des gouines c'est ce week end, les grand mères c'est bon, haloween c'est en octobre).

On aurait pu coupler d'ailleurs, celles des sorcières et des salopes ( maîtresse = salope, le coup du je serai ta femme et ta maîtresse ça marche au maximum six mois )(dixit ceusses qui consomment)(de la maîtresse).

La femme qui fait aussi maîtresse elle a la saint valentin, c'est con c'est en février, le mois le moins sexy de l'année, tout le monde a les hormones en berne, la libido enrhumée.

Alors que là, pile au moment où toutes les mamans dégagent avec leur progéniture pendant que le mâle, lui, assure la longévité du panier de la ménagère de + ou - cinquante ans ça dépend des matins, là, en plein début du mois de juillet de tous les dangers, hop, une petite fête des maîtresses ( de ta bite).

Moi je dis : chapeau bite.

Parce que cette petite entreprise, le marketing, ne connait définitivement aucune crise. Juste elle en créée. Et ça c'est beau. Elle t'a fait emprunter, elle t'a fait te surrendetter, elle t'a metrosexualisé, ménagèredemoinsdecinquantan-ïsée.

Maintenant elle te fait cocue en sortant de chez le boucher.

En attendant, L'amour est une valeur non négociable souhaite, lui, une très joyeuse fête à tous les instits, les profs, les enseignants de petites sections, qui à défaut de tromper leur chère et tendre, peuvent toujours se bouffer les couilles pour eux la fête c'est zobi.

Des maîtresses on a dit.

 

23.06.2009

PETIT PAUL.

J'ai eu une petite fille, avant celle dont le carnet de fin d'année confirme le talent artistique et l'imagination débordante.

Une petite fille d'adoption.

Une petite moitié d'indienne, qui m'empêche de relire la partie  BLANC de Waow, celle qui n'est ni ferrée à droite ni à gauche, sans avoir le diaphragme qui serre, tant finalement, je peux me féliciter, même si c'était vu par le prisme d'une réalisatrice qui ne savait pas écrire, d'avoir su retranscrire cette déchirure, quitter un homme à Noël, quitter un homme ça n'était pas seulement quitter un homme, c'était quitter ses enfants.

Quand on a été quittée toute son enfance, autant de fois qu'il est impossible de les compter, de part et d'autre, il n'est pas supportable d'être soi-même celui qui va créer l'inévitable fêlure.

Je l'ai pourtant fait. Mal vécu. Pendant toute la période qui a suivi, je me suis abîmée, noyée, haïe.

Je peux réciter la fin du fameux passage, parce que j'entends encore la voix et je revois l'image comme si elle était là, sur mon écran, je suis dans ma baignoire, l'eau de mes yeux fait un son cristallin régulier en percutant l'eau du bain, j'entends la voix qui dit C'est dommage, c'est vraiment dommage.

Non, on ne passera pas Noël ensemble. Non, tu ne viendras pas à la maison. Et tous ces pardons tus, parce qu'on ne demande pas à un enfant de pardonner, c'est à soi qu'il faut tenter de pardonner. Les enfants il faut les aimer, ne pas leur faire de mal. Quand c'est fait c'est trop tard.

J'ai eu une petite fille pendant quelques années, à qui j'ai offert ses premières Nike quand elle est partie à l'île de Sein, avec qui j'allais aux Puces le dimanche, une petite fille qui s'émerveillait de voir deux nounours chanter l'un en face de l'autre dans mon grand appartement, une petite fille qui mettait de vieilles lunettes sixties de star américaine, qui adorait venir à la maison parce que c'était grand et différent, une petite fille avec un visage métissé de toute beauté que j'étais si fière d'accueillir, de trimballer.

Une petite fille que je n'ai pu regarder grandir de loin que jusqu'à Myspace.

Là, déjà, j'aurais du me douter.

Toutes ces photos qu'elle voulait faire, toutes ces photos sur lesquelles elle n'apparaissait jamais. Savait-elle que le vieux pola dont elle avait fait son avatar était un virus que je lui avais transmis ? Se souvenait-elle de ces centaines de polas que j'avais d'elle. Agrandis en format A3.

Quand on n'a pas assuré, la moindre des pudeurs est de ne pas tenter la revendication.

Myspace est devenu Facebook et cette fois ci il y avait son visage.

Caché souvent.

J'aurais du comprendre.

Nous nous envoyons de temps en temps des messages, j'ai cette bienveillance honteuse, j'aimerais en savoir plus mais je ne veux rien heurter, j'aimerais en dire plus mais idem, je me contente de passer régulièrement regarder ce que devient la jeune fille, la jeune femme, les mots de son père me titillent toujours, et à fortiori quand je vois mon spécimen à moi grandir, je me souviens de son père, tellement fier, parce que sa fille, son petit Paul, le faisait toujours rire. Elle dit des trucs rigolos. Oui, elle disait des trucs rigolos, dont la fantaisie et la pertinence émerveillaient son père.

Comme je prenais toujours des nouvelles auprès de lui j'ai su qu'elle aussi, aimait le dessin, le stylisme, la mode.

Jeune fille jeune fille.

Ses récentes publications m'ont donné à penser qu'elle était dans une phase amour difficile. Ado amour difficile étant un genre de pléonasme pire que, ça ne m'a mis aucune puce à l'oreille.

Tout juste hier, une phrase contentant le mot Pute, assez vulgaire donc ( Moi ? vulgaire ?) pour que ça retienne mon attention ( vulgaire = dans la bouche d'une jolie jeune fille ), assez en colère surtout, j'envoie un mail sibyllin, tâcher de voir ou comprendre si c'est une posture ou une colère réelle.

En trois mails, petit Paul me fait comprendre qu'elle est non seulement devenue grande, mais qu'elle souffre.

De ce mal dont j'ai souffert.

Qui ravage, bousille, torture, déforme. 

Et parfois tue.

Peu importe le nom clinique de la maladie.

La vraie maladie, c'est une déformation de la perception.

C'est elle, la tueuse.

Toute ces filles ( oui c'est une maladie de fille, l'image ) qui ne savent pas, qui ne veulent pas, se voir telles qu'elles sont.

Toutes ces filles qui voudraient qu'on les voie. Et autrement.

Toutes ces filles qui s'infligent.

Se punissent.

D'un mal qu'elles subissent et qu'elles n'ont pas occasionné.

On.

On s'en est chargé pour elles.

On ce con.

On la société.

On moi.

On les autres, un jour, une remarque, une rupture.

J'ai du mal à être au plus réel de ce que ça me, de ce que ça m'a fait.

J'ai encore plus de mal à ne pas prendre une voiture et l'emmener, loin, le long d'une plage, parler avec elle des heures, des jours, des semaines s'il le faut.

Jusqu'à ce qu'elle entende à quel point elle est belle telle qu'elle est.

Telle qu'elle est dedans.

Telle qu'elle sera quand elle se foutra la paix.

Telle qu'elle est et sera, aussi, extérieurement.

Je ne m'étais jamais rendue compte, jusqu'à ce matin, parce que ma propre histoire m'avait jusque là raconté le contraire, à quel point un enfant, un enfant quand il vous dit à huit ans Je peux t'appeler maman, ça aussi, c'est pour la vie.

Tu ne peux pas m'appeler maman.

Mais cet amour-là petit Paul, comme cette fois là dans la coursive, tu avais huit ans, je te le redis, c'est pour la vie.

18.06.2009

TÔT.

Tôt, c'est à peine sept heures.

Tôt, c'est tout juste cinq ans.

Il déboule sur le king size armé de sa nouvelle DSI ( we are parents indignes, and we are proud of it ), et me demande ( mais pourquoi est ce j'ai bu autant de vin blanc moi, ah oui je sais ) Comment est ce qu'on fait pour regarder mes photos.

Et bien ( gngngngnngnngnn vin blanc, gngngngngngngn gène féminin notice DSI etpourquoimondivinenfantdecinqanssaittoutdesuiteseservirdetoutetpasmoi, gngngngngngngn six heures cinquante )...tu appuies là, et là, et là.

Défilent en tout petit les premières d'une série d'apparemment 24 clichés, la DSI a cette particularité de posséder deux objectifs, un externe, un interne, autrement dit Jepeuxmephotographierjepeuxtephotgraphier et faire mumuse avec les zimages, y'a tout plein de fonctions dont ma préférée, celle du morphing, tu fais la photo de toi ( immonde, gros plan, lumière moche), tu fais la photo de ta progéniture ( trop mignon, RAF de la lumière, même plan) tu cliques là et les deux photos se morphisent, ca vaut pas un bon test ADN mais c'est quand même... bref.

Les premiers clichés sont donc assez pourris, la chambre, le plafond, etc, puis mon oeil ( il est tôt mais d'un seul coup finito vin blanc finitôt ) est ostensiblement attiré par ce que - même en tout petit - j'identifie comme un prépuce ( non-circoncis ).

Il y a quatre clichés royaux de la bite de mon fils.

( Biiiiien , on se revoit mercredi prochain même heure ).

 

C'est pas fini.

 

Il y a aussi la version Moi debout qui montre mes fesses ( c'est donc la soeur qui a fait la photo )( que fait la nounou pendant ce temps-là, elle se touche ?).

 

Et pire, la photo en ( si, je te jure, et il n'est pas sept heures) gros plan, de l'endroit par lequel sa soeur fera un jour de moi une grand-mère. ( pas tout de suite SVP j'ai encore un tas de dossiers à règler avant, merci).

J'efface tout.

Fébrile.

Je presse tendrement le dos du marin en expliquant.

Lequel me répond C'est tout à fait normal.

C'est vrai.

C'est tout à fait normal.

( J'ai fait ça, MOI ?!!!...)

Entre six heures cinquante deux et sept heures, j'ai donc dû, ( ma case pédagogue ), expliquer sans forcer le trait ( tu forces le trait tu peux être sûr(e) qu'à la première envie d'attirer l'attention ma divine progéniture saura exactement quoi faire ), que Non faire des photos ( de ta bite, de ta soeur ), ça n'est juste PAS POSSIBLE.

Sinon CROIS MOI, je te désactive immédiatement ton compte You Porn.

( non mais).

Rire de tout qu'ils disaient, rire de tout.

Dont acte.

 

SANDRA

Pour, Sandra.

J'étais dans cet îlot protégé, cet îlot marocain où le mot famille tant écorché dans la journée reprenait enfin un sens, famille à regarder, famille à envier sans doute, famille déployée jusqu'à nous, nous dans le sein.

J'ai voulu ouvrir un nouveau blog ( il faut bien que je me fasse à ce mot, puisqu'il n'y en a pas d'autre), je voulais l'appeler FMR, je voulais créer un blog spécifique, dédié à Sandra, et à celui des pages imbibées et pas que d'alcool, tant ce qui les avait toujours jusque-là fait fonctionner dans une sorte de coude à coude est sous mes yeux, vers minuit, devenu concret.

Cette horreur qu'est parfois la vie des uns qui ressemble à celle des autres et s'y inscrit en symbiose, sous mes yeux sur le petit écran, concret.

Je me suis souvenue ce matin, en gérant la potentielle complexité d'une nouvelle ouverture de blog, que je possédais cette adresse, volontairement dépouillée, cadenassée puis dépouillée, que la peur m'avait forcée à dépouiller, je me suis souvenue que depuis très peu de jours, et a fortiori depuis hier après-midi, finalement, j'ai décidé de m'en foutre.

Tu veux lire ? Lis.

Je m'en fous.

Ca n'est pas pour toi que j'écris.

Je voulais dédicacer un blog spécifique, à Sandra, à ce jeune homme qui se dit roux dont je connais les initiales et les errances parce que les quartiers qu'il décrit, les endroits qu'il cite, je les connais, je les ai pratiqués.

Je voulais qu'on démarre une aventure commune, ici, que ce qui a toujours été mon propos, relier pour unir les forces, et pis encore en temps, non pas de crise, mais de séisme, je voulais qu'ils mesurent à quel point j'ai ce sentiment communautaire que d'aucuns trouveraient absurde, nous sommes, nous sommes une tribu.

Une petite bande serrée, qui avons bien de la chance dans notre désastre : les mots.

( Pense à celui qui est contraint de se taire)

Je peux.

Je peux même te dire à toi qui lis si finalement encore une fois tu fouilles enquêtes, etc, je peux te dire que je m'en fous, et que non, oh que non, contrairement à ce que tu lui as dit hier après-midi, ce hasard fou, quand tu l'as croisé avec son père hier après-midi, et que tu lui as dit C'est moi qui ai trouvé ton prénom, je peux, j'ai ce pouvoir thanx god, de te dire que tu te mets le doigt dans l'oeil bien profond, ce prénom, ce prénom ne vient pas de ta côte, il vient du sud, il vient d'une côte sur laquelle mon arrière grand-père a construit le premier chemin de fer, là-bas, sur l'île qu'on dit de beauté.

Je peux dire à Sandra que personne si bien qu'elle.

Et que la force inouïe qui se dégage de ses mots, elle qui se dénigre si souvent sur fond rose, est une leçon.

Je peux dire et écrire que sans elle, sans Eva, sans Anne, sans Abraham, sans Pale, sans Aliette, sans Agnès, sans.., je n'aurais jamais traversé tout cela, pour aujourd'hui reprendre le bâton sans peur.

Tes reproches, c'est le doigt qui s'enfonce encore un peu plus profond dans ta rétine.

Tu veux lire ? lis. Je m'en fous.

Ce qui m'importe moi, c'est que la noiraude sache et mesure, publiquement comme je l'écrivais mal depuis mon micro clavier hier soir dans cette enclave protégée des vents, qu'elle sache et mesure à quel point sa force est belle.

Ma petite sérénade à moi, ma petite comédie humaine, ma saga à trois balles, rebondit encore.

Je voulais revenir dans la partie, c'est fait.

On ne se sépare pas comme ça, de la chance de s'être rencontrés.

Welcome back.

 

 

 

 

 

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